dimanche 14 août 2011

Passage au Rajasthan

Notre dernière semaine fut en effet consacrée aux merveilles du Rajasthan avec un premier arrêt inévitable à Agra, la ville du Taj-Mahal. Alors Nicoco me dirait qu’Agra n’est pas dans la région du Rajasthan, certes certes, mais nous sommes sur les mêmes civilisations fondatrices, permettez-moi de vous en dire quelques mots :

L’empire moghol (et non Mongol !) s’est constitué en Inde entre le 14ème et le 16ème siècle suite aux incursions des armées musulmanes arrivant du Nord Ouest. Au final, à son apogée, l’immense empire moghol englobait presque entièrement le sous-continent indien. Au-delà de leur intelligence militaire, les empereurs moghols se sont distingués par leur goût pour la culture et l’esthétisme. Ils firent éclore en Egypte un nouvel âge d’or des arts dont il reste aujourd’hui de magnifiques tombeaux, mosquées et mausolées. Le Rajasthan regorge de ce merveilleux patrimoine.            

Agra fut la capitale de l’empire moghol pendant un siècle jusqu’en 1761. Donc au-delà du célèbre Taj-Mahal, le tombeau d’une reine, la ville regorge de lieux magnifiques de traditions moghols, nous avons par exemple visité le fort d’Agra et le Baby taj, toujours façonnés autour du marbre blanc et du grès rouge, des constructions raffinées de toute beauté…
Le Fort d'Agra depuis le Taj Mahal, en bord du Yamuna, fleuve sacré
La porte vers le Yamuna depuis le Baby Taj
Le Baby Taj
Intérieur du fort d'Agra
Un des bâtiments en grès rouge du Fort d'Agra
Un des plafonds du Baby Taj
Alors concernant le Taj-Mahal, Kipling y voyait « l’incarnation de la pureté » et bien malgré toutes les photos que l’on voit, ce bâtiment ne perd pas son charme quand on le découvre pour de vrai, il est tellement majestueux et immaculé, c’est de tout beauté. Pour la petite histoire, sa construction fut amorcée en 1631 pour se terminer 22 années plus tard ; plus de 20 000 ouvriers œuvrèrent sur ce monument extraordinaire fait de marbre blanc semi-translucide, sculptés de fleurs et incrustés de milliers de pierres semi-précieuses formant de superbes motifs. C’est un empereur qui l’avait commandé pour recevoir le corps de sa femme morte en donnant naissance à son 14ème enfant. Nous l’avons découvert au lever du soleil puis nous n’avons cessé de le garder à l’œil, ayant trouvé un petit resto sympa avec vue directe. Nous avons ainsi pu le contempler à toutes les heures du jour et de la nuit, sous toutes ses coutures et malgré un temps un peu couvert, ce fut magnifique et nous ne nous lassions pas de cette construction toute en finesse. 
Porte d'entrée du Taj-Mahal
Vue de face au Taj-Mahal

Nicoco avait privatisé le Taj, c'est pas romantique ?!!!
Le Taj-Mahal vu depuis le Fort d'Agra
Le Taj au reveil
Le Taj en plein jour
Voilà pour les très belles découvertes de cette ville, concernant les mauvais côtés, 2 types de mauvaises expériences : la première fut les luttes incessantes et insupportables avec les chauffeurs de rickshaws (calèche vélo) et auto-rickshaws (scooter à trois roues), la plupart du temps de mauvaise foi, ne tenant pas leurs engagements et me mettant dans des états d’énervement extrêmes. Heureusement nous en avons trouvé un d’honnête, Rama (c’est le nom d’un roi en plus), que nous n’avons plus quitté, nous avons même immortalisé cette rencontre, tellement elle fut salvatrice et reposante !! 
Nicoco et Rama, notre chauffeur honnête et imperturbable !
La deuxième mauvaise expérience fut le passage chez l’épilateuse ou esthéticienne, s’il vous plait mesdames, ne tentez jamais le « Made in India », ce fut une séance de supplice. Alors pour vous dresser le décor, au milieu du magasin, elles sont 4 autour de vous à piailler entre elles, vous ne comprenez bien entendu rien, mais bon rien d’important, vous venez pour une épilation et non pour faire la conversation….sans aucune précaution elle vous badigeonne de cire et vous l’ôte avec autant de délicatesse, résultat j’ai pris de la cire dans les cheveux et sur les vêtements, je commençais déjà à me tendre. Sans compter que dans le magasin, on aurait dit que c’était la guerre, talc et cire partout, c’est là qu’on se dit que ces indiens ont une conception particulière de la propreté. Mais ce n’était pas le pire, car ensuite, elles n’ont rien trouvé de mieux que de m’étaler la cire au couteau, or un couteau, avec de la cire brulante, c’est aussi brulant, j’en aurais pleuré, alors je leur demande de faire attention mais au lieu de cela, elle continue de plus belle et je souffre le martyre, j’avais envie de la frapper cette petite idiote qui ne prenait pas soin de sa cliente, ça la faisait rire, imaginez…. On a du coup un peu coupé court, avant que je la coupe en deux justement, résultat des courses brûlures et bleues en surface, Nicoco n’en croyait pas ses yeux et moi, j’étais en folie furieuse !!

En ce qui concerne nos consœurs touristes, ce qui est amusant c’est que l’on change complètement de population touristique dans cette région, le coût de la vie touristique est également beaucoup plus élevé, nous retrouvons beaucoup moins de routards et beaucoup plus de français proprets et un peu cons sur les bords, nous pensons que ces circuits touristiques sont peut-être plus aseptisés…Il n’empêche que nous avons rencontré des gens sympathiques comme un couple de hollandais et deux sœurs voyageant ensemble, ouf !

Le lendemain, nous sommes allés visiter la ville royale fortifiée de Fatehpur Sikri située à une quarantaine de kilomètres d’Agra. Cette ville fut la capitale de l’empire moghol de 1571 à 1585, période courte mais qui donna le jour à de magnifiques bâtiments, en particulier, une formidable mosquée et un immense palais où le roi logeait ses 3 femmes (chrétienne, musulmane et hindoue). Au-delà de cette anecdote, on nous conta qu’il jouait aux échecs avec ses pions comme esclaves ou encore qu’il faisait piétiner ses mauvais citoyens, quel homme vénérable ! Mais les structures étaient de toute beauté malgré cette cruauté !
Les indiens adorent être pris en photo avec des BLANCS !!
Monumentale porte d'entrée de la mosquée de Fatehpur Sikri
Rencontre entre 2 belles gueules, indienne et occidentale

Bâtiment du palais de l'empereur moghol
Idem 2
Idem 3
Nous avons ensuite poursuivi notre route vers la ville d’Udaïpur pour nos derniers jours en Inde. Le but était de trouver un endroit plutôt calme,  vert et sans trop d’agitations. Pour ceux qui connaissent l’Inde, ils apprécieront la difficulté de la tâche. Mais ce fut mission accomplie nous avons trouvé une Guest House en pleine nature dominant la ville d’Udaipur, au calme. Un petit moment de paradis (on devient sauvage je crois !!) même si nous étions un peu malades, Nicoco intestinalement et moi de la gorge (oui maman, je ne me suis pas assez couverte !). En ce qui concerne la ville, c’est soi-disant la ville la plus romantique d’Inde, alors quand on enlève les immondices, le brouhaha et les odeurs, on découvre en effet un cœur de ville bien sympathique autour d’un lac avec de magnifiques palais et les collines environnantes. Donc nous avons passé deux journées bien agréables avant d’avoir à rejoindre la capitale, New Delhi. 

Udaïpur au pied du lac Pichola et en fond les monts Aravelli
Vues du Lake Palace Hôtel puis derrière le City Palace

La campagne voisine
Regards de croyante en pleine cérémonie hindoue
En l'honneur du Dieu des Fruits ?!!
Que dire de New Delhi ?.... de notre point de vue pas grand-chose, nous arrivions avec pas mal d’aprioris unanimes des touristes que nous avions rencontrés. Ajoutez à cela le fait que nous n’avons pas pu visiter le Red Fort, principale curiosité historique, car la fête du jour de l’indépendance tombait le lendemain de notre venue et ils étaient dans les préparatifs de la fête. Et puis, en toute honnêteté, je crois que nous en avons un peu marre maintenant de tout ce bruit, ces sollicitations, ces bazars, ce monde, cette saleté…. Alors nous avons opté pour une petite chambre d’hôte dans un quartier résidentiel du new Delhi où nous avons trouvé un bon lit, le silence et un peu de verdure. Et comble du luxe, nous sommes même allés nager dans une piscine olympique tout confort, et oui, parfois nous avons besoin d’un peu de régression, de retrouver un peu de confort et de plaisir, nostalgie de nos brasses méditerranéennes…avant un dernier plongeon en Chine…

dimanche 7 août 2011

3 villes symboles du Nord de l'Inde

Comme convenu donc, nous voilà partis pour une semaine un peu intense à travers le Nord de l’Inde pour découvrir 3 villes, 3 religions, 3 facettes différentes de ce même pays : 


Dharamsala : Notre première destination est la ville résidence du Dalaï-lama-lama, Dharamsala ou Mac Leod, ces deux petites villes se touchent et se confondent. L’arrivée n’a pas été très accueillante, après 10h de route de nuit assez inconfortable, nous sommes littéralement débarqués dehors manu militari, à 4h du matin et là, c’est toujours le même cérémonial : tel un trafic de drogue en cours, nous sommes abordés par des hommes qui sortent de nulle part, difficile à distingués dans la nuit, qui nous proposent non de la drogue mais des logements. Alors comment voulez-vous avoir les idées claires et l’à-propos nécessaire pour négocier dans ces conditions ? Nous prenons tout de même le temps de la réflexion, ce qu’ils détestent, et nous suivons le moins malhonnête, en apparence. Nous traversons alors la ville dans une obscurité totale, chargés comme des mules au milieu des détritus, des vaches et chiens avec toujours cette odeur prégnante des égouts. Rien de bien sympathique comme premier contact….

Cependant le lendemain, une fois reposés, nous découvrons une petite ville bien sympathique perchée sur la montagne aux immeubles colorés et avec beaucoup de petits commerces d’artisanat tibétain en particulier. Cette ville compte bien entendu bon nombre de réfugiés tibétains mais aussi des musulmans, venus du Cachemire tout proche (une région parait-il magnifique), et en quête à l’indépendance. Il y a plus de touristes que de moines qui arpentent les rues, et c’est un peu la déception, je m’attendais à une ville très très religieuse et préservée, finalement cette ambiance se cantonne dans le complexe où réside le Dalaï-lama. Les touristes eux, viennent et restent souvent quelques temps pour pratiquer ou apprendre le bouddhisme, la culture tibétaine ou toutes autres sortes de soins holistiques et alternatifs (médecines parallèles, yoga, méditation, massage…). C’est un des atouts de cette ville, beaucoup de choses sont proposées aux touristes. Nous concernant, Nicoco a fait l’expérience de la médecine traditionnelle tibétaine, nommé l’Amchi et nous repartons avec des bonbons en chocolat dont l’efficacité semble douteuse après quelques temps ; de mon côté, j’ai testé les massages ayurvédiques (ayurvédique = médecine traditionnelle indienne reposant sur l’usage de plantes et de traitements holistiques comme les massages), fort agréable si ce n’est que la masseuse me l’a joué « typique indienne » en rotant et évacuant des gaz gastriques durant la séance, moins agréable…Sinon nous avons visité les alentours tranquillement en préservant Nicoco, la région semble belle et reposante, le plus difficile était de capter les heures de soleil ou plutôt d’éviter les douches dues à la saison des pluies. Donc c’était un peu la même stratégie qu’à Ushuaia, dès qu’il y a une éclaircie, il faut foncer ; Par contre, toujours pister le ciel car la saucée peut arriver très vite, et là, malgré le poncho, c’est la douche complète assurée ! 




Vient ensuite le moment de découvrir le côté tibétain qui sommeille en cette ville : pour cela nous sommes allés visiter le complexe nommé Tsuglagkhang qui comprend des monastères, la résidence officielle du Dalaï-lama ainsi que le Musée du Tibet. Et là, on retrouve enfin l’atmosphère pieuse attendue avec ces moines en tenue rouge (d’ailleurs Nicoco a remis un bracelet orange à un moine bien sympathique), la ferveur de tibétains priant, le silence maintenu par tous à l’écoute de ces musiques envoutantes au son du gong. Par contre, on a eu beau chercher, impossible de mettre la main sur le Dalaï-lama en personne, nous sommes même allés squatter chez lui, faire la sérénade sous ses fenêtres, rien du tout, Monsieur est soi-disant trop occupé et la prochaine apparition se fera le 8 Aout, nous serons déjà partis… Alors petite déception, cependant, pour mieux comprendre le contexte de sa résidence et de ses occupations, permettez-nous de faire une petite digression :

Dalaï-lama signifie en tibétain « maitre spirituel de la sagesse », il est la réincarnation successive du bouddha historique. A la mort d’un Dalaï-lama, il s’engage une enquête poussée pour rechercher dans quel corps de jeune bouddhiste, le bouddha s’est réincarné pour nommer le nouveau Dalaï-lama. En terme de responsabilité, le Dalaï-lama est chef d'État et du gouvernement tibétain ainsi que maitre spirituel du bouddhisme de l’école tibétaine, mais il a aussi une reconnaissance globale au sein de la religion bouddhiste. 


Une nonne en pleine prière, son chapelet aux 108 boules en main
Des nonnes en pleine lecture
En ce qui concerne l’histoire du Tibet, en quête de territoire et de ressources, la Chine a envahi ce pays indépendant en 1949 ce qui a contraint à la fuite près de 250 000 tibétains qui ont traversé à pied l’Himalaya pour se réfugier en inde. Le Dalaï-lama a été contraint à faire de même en 1960 en demandant l’asile à l’Inde et en installant le siège du gouvernement tibétain en exil à Dharamsala. Depuis le Tibet connait un pillage de ses ressources, une destruction massive de son patrimoine et une acculturation de ses habitants. Au total on compte 1,2 millions de tibétains tués et 90 % du patrimoine culturel détruit alors si vous avez connaissance d’une manifestation près de chez vous pour le « Tibet Libre », sans esprit révolutionnaire, c’est une cause vraiment très noble et justifiée à défendre et je vous invite à la soutenir tant ce peuple semble pacifiste, honnête et sans histoire… Pour la petite anecdote, nous avons vu un reportage sur un élan indépendantiste tibétain en 2008, la veille des Jeux Olympiques de Pékin. Au final, la Chine a réprimé durement et par la force ces manifestations en tuant près de 6 500 personnes, en emprisonnant d’autres et en détruisant des monastères, tant dis que des pays comme la France, condamnait le comportement de la Chine mais a finalement envoyé sa délégation d’athlètes, les enjeux économiques sont trop importants… Voici quelques photos que nous avons trouvé significatives dans le musée : 

Un jeune tibétain au milieu des débris de sa maison
Le pillage des ressources du Tibet par la Chine
Un petit tibétain que l'on déguise en Chinois...
La traversée de l'Himalaya pour 250 000 réfugiés tibétains
Cette tibétaine risque la mort en brandissant une photo du Dalai-Lama
Vague de protestation de la part des moines brandissant le drapeau national tibétain

Amritsar : après 7h de voyage plutôt chaotiques, nous découvrons la ville d’Amritsar sous les eaux. En effet, il y a quasiment 20-30 cm d’eau dans de nombreux quartiers de la ville, c’est la saison des pluies et cette dernière a semblé élire domicile pour quelques temps à Amritsar. Cependant, ça n’enlève rien à l’activité frénétique et au brouhaha constant de cette ville (en particulier les concertos des klaxons incessants et insistants), rien de bien attirant après les contrées tibétaines paisibles du nord. Ah, si j’avais un rêve, un Inde sans klaxon !! Je vous passe bien entendu la saleté et les odeurs nauséabondes, partie intégrante de ce pays. Nous avons un peu de mal à trouver un hôtel, le premier, écoutez-bien, nous proposait des chambres chères mais avec draps sales et les détritus des précédents clients laissés sur place, et cela sans le moindre scrupule, incroyable non ? Mais on s’habitue à tout, petit à petit, comme à vivre au milieu des détritus… Enfin il n’empêche que pour se nettoyer en profondeur (nécessité partagée très régulièrement), rien de tel qu’une éponge Spontex en guise de gommage ! ça manque de tendresse, ce n’est pas très agréable, mais ça enlève la crasse ! Passons nos conditions d’arrivée et concentrons-nous sur nos découvertes, le pays des Sikhs.



Quelques mots sur la région  déjà, nous sommes dans la province de Punjab, petit état de 24 millions d’habitants, le grenier à blé de l’Inde en produisant 20% de la production nationale. C’est une des provinces phares dans la partition entre Inde et Pakistan en 1947. D’ailleurs pour la petite anecdote, pour asseoir cette nouvelle province « tampon » entre Inde et Pakistan, Nehru fit à l’époque construire la capitale de Chandigarh, et trêve de hasard, c’est l’architecte français, le Corbusier (pour les marseillais, c’est l’homme de la Radieuse, sur Michelet),  qui dessina cette ville.

Concernant les sikhs, une petite introduction : fondé à la fin du 15ème siècle en réaction au système de castes hindoues, le sikhisme est une religion monothéiste qui refuse les idoles même si elle reconnait les enseignements en particulier de 10 gourous (des hommes comme monsieur tout le monde, qui ont vécu et se sont distingués par une vie exemplaire). Les sikhs croient en la réincarnation et encouragent une vie très pure et stricte sans alcool, tabac ni drogue, une vie de travail et de partage où l’égalité de tous les êtres est au cœur du fonctionnement sikh. D’autre part, ils préconisent la méditation pour atteindre l’éveil. Au-delà des principes, ce peuple fascine par sa beauté, et en particulier l’élégance des hommes : ils sont grands, élancés, couverts d’un turban de différentes couleurs avec soit une tunique blanche allongeant leurs silhouettes soit à l’occidentale avec une chemise assortie aux couleurs chatoyantes de leurs turbans. Il est de coutume de ne se tailler cheveux ni barbe, ces derniers étant symbole de sainteté.


Au-delà de leur physique, nous avons eu la chance de découvrir l’un des symboles de leur religion, le Temple d’or d’Amritsar, le sanctuaire le plus sacré du sikhisme. C’est une construction qui s’inspire des styles hindous et musulmans (la frontière avec le Pakistan est à 30km), constitué d’un immense déambulatoire blanc extérieur, tel un gigantesque cloitre avec en son centre un bassin d’eau sacrée puis un temple d’or au milieu du lac artificiel fait de plus de 750kg d’or. Les descriptions sont tellement restrictives, que je vous laisse apprécier les photos, à différents temps de la journée pour juger de la beauté de ce lieu. 








Au-delà du « physique de la structure », c’est également l’ambiance qui séduit : ce temple est un havre de sérénité, de générosité (tout est gratuit, de l’entrée au repas en passant par les consignes), de respect et de propreté, contrastant avec le reste de la ville. On passerait des journées entières dans ce temple serein, malgré une activité religieuse intense. En effet, ce temple vit et accueille en continu des milliers de pèlerins, pour preuve chaque jour sont servis quelques 80 000 repas (un Stade de France rempli à bloc !!). Les pèlerins se recueillent, font des offrandes, dorment, discutent, prient, mangent et tout cela dans une harmonie parfaite. Pour finaliser le tout, des prêtes lisent en permanence le livre saint des sikhs et leurs chants sont transmis par haut parleur à l’ensemble de la structure. C’est de toute beauté à tout point du vue : visuel, auditif et spirituel et l’on prend plaisir à se mêler à la masse des fidèles, qui vous accueillent très gentiment (bon bien sûr avec quelques photos, mais toujours de façon sympathique et non insistante).

Donc cette petite introduction au sikhisme a été très intéressante et magnifique, plus on avance plus on découvre la diversité indienne, incroyable. Par contre, petit bémol, tout ce beau monde ne vit bien entendu pas dans le pays des bisounours et des tensions intercommunautaires existent, comme entre hindous et sikhs, d’ailleurs pour la petite histoire, en 1984, Indira Gandhi eut la mauvaise idée de vouloir réprimer une vague d’autonomie en expulsant des sikhs réfugiés dans le temple d’or. Résultat, elle fut assassinée la même année par deux de ses gardes du corps sikhs. Ils revendiquaient l’indépendance de leur état, le Khalistan.

Haridwar : nous avons quitté la région des sikhs pour retrouver les sources du Gange et la religion hindoue. Le Gange, l’un des 7 fleuves sacrés d’Inde, sort précisément à cet endroit de l’Himalaya et pénètre dans les plaines. Quant à Haridwar, elle est l’une des 7 villes saintes d’Inde car selon la légende, Vishnu, le Dieu protecteur (celui qui protège et préserve tout ce qui est bon dans l’univers) aurait fait tomber à cet endroit précis un nectar céleste et le sol aurait épousé l’empreinte de son pied, « l’empreinte de Dieu ». Voilà pourquoi l’on dit que le Gange coulerait des pieds de Vishnu. Voilà pour le volet historique. 
La foule amassée en journée pour se laver de ses péchés dans le Gange
Vue du Gange tout droit sorti de l'Himalaya
Vue de la ville sainte d'Haridwar
En pratique, cette ville est le centre d’un tourisme religieux incroyable voire hallucinant, qui est témoin d’un flux constant et massif de pèlerins dans un brouhaha difficile à supporter, un mélange de couleurs et d’odeurs. Les pèlerins viennent pour 2 raisons : se laver de leurs péchés dans le Gange et faire une bonne action en donnant de l’argent aux institutions religieuses. Concrètement, d’innombrables pèlerins viennent se baigner en continu dans le cours rapide du Gange, ça semble même dangereux mais ces derniers s’accrochent à des chaines pour ne pas être emportés et s’immerger, genre d’abutions pour se laver de leurs pêchés. Vient ensuite le soir où tous se rassemblent, de façon très disciplinée d’ailleurs, même si ça semble un peu confus dans un premier temps. Difficile de dire combien sont-ils chaque soir, mais des dizaines de milliers….à la tombée de la nuit, ils déposent des offrandes sur le Gange, qui s’illumine de flammes vacillantes. Les offrandes ressemblent à des petits bateaux en feuille de bananes avec des pétales de fleurs à l’intérieur et une petite bougie, c’est la cérémonie de l’adoration du fleuve. Des agents en uniforme collectent les dons en échange d’un reçu que le pèlerin conserve précieusement, comme preuve de son passage dans cette ville sainte.

L’ambiance et la ferveur religieuse sont très fortes et particulières et l’on ne peut rester insensible, c’est vraiment impressionnant. On dit que c’est le petit Bénares, la différence est qu’à Bénarès, les gens viennent pour se laver de leurs pêchés ou pour la crémation de leurs proches (c’est pour ce rite là que la ville est célèbre). Pour vivre cet évènement très particulier, nous avions choisi un hôtel sur le Gange, l’expérience était unique et vraiment saisissante, cependant, difficile de rester des jours, le monde et l’animation, reste difficile à supporter…
Et plouff dans le Gange !

La foule est amassée autour du Gange



Un couple assurant l'hommage au fleuve
Enfin petite parenthèse culture, nous avons découvert le principe des ashrams, littéralement « lieu d’effort » : c’est un lieu de vie communautaire construit généralement autour d’un gourou ou guide spirituel. Les codes de conduite sont variables (code vestimentaire, pratique du yoga et de la méditation, abstinence, absence de drogues, végétarien) mais souvent assez stricts afin de « s’enrichir sur les plans personnel et spirituel ».  Personnellement, nous n’étions pas tentés par l’expérience, mais de nombreux touristes étrangers se lancent dans l’aventure spirituelle comme les Beatles en 1968 qui rendirent célèbre une ville, aujourd’hui soit disant capitale mondiale du yoga, à deux pas d’Haridwar, Rishikesh. Et aussi étrange que cela puissent paraitre, peu d’échanges entre occidentaux et hindous, dans ces 2 villes hautement reconnus pour chacun d’eux…

Voilà notre marathon de 3 villes en 1 semaine qui se termine, très très riche mais aussi éprouvant, nous décidons alors de rejoindre Agra pour rêver un peu et découvrir les splendeurs du Taj-Mahal…

mercredi 3 août 2011

Survol de Manali

Après une superbe semaine passée dans la région du Ladakh, nous prenons la route vers le Sud, direction Manali en mini-bus, pour une durée de 24h au cours de lesquelles, nous ferons l’ascension de quelques cols à plus de 5 000 m d’altitude, nous mangerons beaucoup beaucoup de poussières, nous changerons 4 fois de roue et passerons 3h sur un passage difficile du fait de la boue et du dénivelé, nous obligeant à passer en convoi et à contourner les véhicules bloqués ou en lutte. Une vraie aventure, où nous pensions sincèrement passer une deuxième nuit dans le bus. Mais non, tout est bien qui finit bien, nous arrivons à minuit dans la ville de Manali.

Nous nous trouvons dans la région montagneuse de l’Himachal Pradesh, à quelques 2 000 mètres d’altitude. Le changement de paysages est saisissant, on est passé d’un désert de pierres à une végétation luxuriante avec ces vallées boisées, de grandes forêts de conifères, de magnifiques cascades et rivières avec les montagnes de la chaine occidentale de l’Himalaya en fond. Ça fait un peu penser à nos paysages alpins, d’ailleurs nous avons rencontré une française de Genève, qui se sent comme à la maison ici, depuis 8 ans maintenant ! Cette ville est une station balnéaire réputée pour ses activités de pleine nature mais aussi pour son cannabis. En effet, nous avons halluciné, mais promis par à cause d’une fumette, quelle ne fut pas notre surprise quand on a trouvé des plans de cannabis partout, mais vraiment partout à l’état sauvage. C’était incroyable et nous avons du demander confirmation aux locaux : ils appellent ça « le charas » et il parait que c’est l’un des meilleurs hash du monde, mais nous ne nous sommes pas aventurés à l’essayer, même pas en tisane !!! Enfin, petit bémol au portrait que je vous dépeins de cette ville, le respect de l’environnement : rien à voir avec Leh, ici on retrouve des cimetières de bouteilles en plastique à foison, des décharges sauvages un peu partout et le retour des sacs plastiques (alors qu’à Leh on nous distribuait des sacs en fibre naturelle)….





Pour préserver le genou et les tendons de Nicoco, nous avons fait le choix de ne pas randonner sur place, du coup, nous sommes finalement restés seulement 2 jours sur place car sans trekking, ça perdait un peu de son intérêt.  En échange, nous avons fait de la moto et du parapente pour découvrir les alentours. La région semble très belle et la vie traditionnelle est très différente des hauteurs de Leh, la dureté du climat n’est pas le même… 

un petit champ sauvage et commun de Cannabis

Maison traditionnelle locale

Nico qui se la joue "peace" avec sa feuille de cannabis et un champ en arrière plan


Ju avant le grand saut !
un très beau montagnard
Nous avons ensuite un peu changé nos plans pour la suite du voyage, du sportif par la découverte du pays en marchant, nous optons pour du culturel en choisissant quelques hauts lieux de la culture indienne : d’abord Dharamsala, la capitale exilée du Tibet en Inde ; puis Amritsar, la capitale des Sikhs ; enfin Haridwar, un haut lieu de pèlerinage hindou. Hindouisme, bouddhisme et sikhisme au programme donc !!