mercredi 8 juin 2011

Conclusions de Birmanie

I.        Quelques chiffres : 

  • Des milliers de sourires échangés
  • Une vingtaine de touristes croisée
  • Une dizaine d’ethnies rencontrée sur les 135 officielles
  • 53 toilettes testés et quelques kg perdus…
  • Au moins 30 heures de films birmans cul-cul la praline
  • Et seulement 4 check-points policiers  

II.        Quelques éléments de contexte sur le pays :
  • 47 millions d’habitants
  • 678 500 km² - un peu plus que la France
  • 75 % de la population exerce une activité agricole
  • 1 900 $ = Revenu annuel moyen par habitant
  • 1/3 des habitants vit sous le seuil de pauvreté
  • Devise du gouvernement : «  L’ami de tous mais l’allié de personne ».
Durant nos récits, nous avons tâché de vous décrire un maximum d’éléments de contexte sur le pays, reste par contre un éclaircissement historique inévitable :
  • 1820-1885 : conflits anglo-birmans
  • 1885 : la Birmanie devient une province de l’Empire des Indes
  • 1948 : Indépendance du pays
  • 1962 : coup d’état par le Général Ne Win et instauration de la dictature
  • 1988 : premières manifestations nationales
  • 1990 : élections nationales et victoire du parti d’opposition
  • 2007 : deuxième vague de manifestations, les moines en tête
  • 2008 : cyclone Nargis – 140 000 morts officiels
L’histoire de la Birmanie est longue et complexe car la région constituait un important trait d’union pour le commerce entre le Moyen Orient, l’Inde et la Chine. 4 grands groupes ethniques (Môn, Puy, Bamar et Arakanais) se disputèrent pendant plusieurs siècles le territoire avec leurs lots de rois / royaumes, une évolution constante des frontières et une difficile réunification des différentes tribus. 
A partir des années 1820, les Britanniques entrent en scène car voient d’un assez mauvais œil les avancées répétées des Birmans en terre indienne, alors sous la tutelle de la couronne d’Angleterre. Après 3 conflits anglo-birmans, la Birmanie devient officiellement une province de l’Empire des Indes. Les Britanniques s’emploient alors à développer le potentiel économique du pays : la Birmanie devient 1er producteur mondial de riz, développement de l’exploitation minière et de l’exportation de pierres précieuses comme le rubis, exploitation des forêts de teck et exportation du pétrole. A cette époque, il faut noter une affluence d’indiens et de chinois pour développer le pays. Or la montée du nationalisme ne se fait pas attendre, mené alors par Aung San, futur héros de l’Indépendance. Lors de la 2ème guerre mondiale, les Birmans se tournent vers le Japon pour chasser les Britanniques, mais réalisant rapidement que la tyrannie est encore plus lourde, ils se rallient aux Britanniques. 
A force de négociations, le colonel Aung San, décroche une promesse d’indépendance qui sera officiellement proclamée le 4 Janvier 1948, mais Aung San aura été assassiné peu de temps avant… A partir de là, c’est la décadence du pays, qui passe d’un des pays les plus prometteurs d’Asie du Sud Est après la seconde guerre mondiale à l’un des pays les plus pauvres du monde aujourd’hui. C’est un de ses camarades, U-Nu, qui prend les rennes, cependant le pays est déchiré par des distensions ethniques et l’économie est dans un état lamentable après 5 années de guerre. U-Nu ne s’en sort pas et ne parvient pas à remettre de l’ordre et de l’unité dans le pays. En 1962, Ne Win réussit un coup d’état militaire et instaure une dictature depuis près de 50 ans maintenant. Il met en place le socialisme à la façon birmane et isole complètement le pays du reste du monde. Malgré des manifestations importantes en 1988 et 2007, la victoire de l’opposition aux élections démocratiques de 1990, la junte militaire conserve le pouvoir et la figure emblématique de la démocratie, Aung San Suu Kyi, fille du colonel, reste assignée à résidence. De nombreux pays d’Occident imposèrent des embargos en direction du Myanmar pour asphyxier le gouvernement mais d’autres continuent à développer leurs relations commerciales avec la junte (commerce d’armes contre du pétrole, du gaz ou de l’héroïne) et investissent (la France inclus avec l’entreprise Total). L’essentiel des ressources vient du commerce des pierres précieuses (jade), du bois, des textiles, de l’héroïne et surtout du pétrole et du gaz, et la junte a encore de beaux jours tant qu’elle saura maitriser les fruits des richesses nationales de la Birmanie.
III.        Notre conclusion sur ce pays
Paroles de Nicoco : Petit point sur ce pays ayant fait quelques pays d’Asie, je m’attendais à quelques choses de plus différents étant donné le contexte politique. Au final le pays «semble» assez similaire à d’autres pays d’Asie Pour moi c’est peut être l’Asie d’il y a 15 ans mais en aucun cas d’il y a 50 ans. Ce qui est surprenant c’est cette impression que le pays est assez ouvert hormis  la difficulté de parler de certains aspects politiques bien que quelques langues se soient déliées avec quelques interlocuteurs. Une chose est certaine cependant le gouvernement remaniée de 2009 semble ouvrir un peu plus le pays, des birmans travaillant en dehors du pays, des échanges économiques plus importants. Cependant tout cela est à relativiser car premièrement le touriste est canalisé sur des zones autorisées, deuxièmement dixit une personne travaillant pour le gouvernement je cite : « le pouvoir prend un maximum d’argent et ne préoccupe pas des gens et ne fait rien pour les aider », ce dont nous avons pu avoir l’illustration avec la réalisation des pipelines reliant la Chine et l’Inde via le Myanmar où aucun travailleur n’est Birman dont l’exploitation sera gérée uniquement par des chinois. Autres exemples des ethnies sont complètement laissés à leur sort et par exemple se débrouillent seuls pour générer leur propre électricité alors que beaux pylônes électriques passent juste à coté de leur village. Bref …… bien des choses sont encore sous terre et on n’a pas déterré tous les cadavres loin s’en faut. Beaucoup de choses restent dans le flou, le pays se développe certes, mais à son rythme avec des privilégiés qui tirent les ficelles.
Cependant malgré toutes ces contradictions les gens sont sympathiques, accueillants, semblent heureux et on l’air de manger à leur faim mêmes si les moyens sont limités. La religion est présente partout même lors d’un trajet en taxi ou le conducteur se met à prier avec ses deux mains hors du volant pendant 30 secondes (et 30 s sans les mains sur le volant c’est long) lors du passage devant une pagode !!!! Autre fait appréciable le contact est facile avec les gens même si il existe la barrière de la langue à quelques occasions, chose étonnante pour moi, nombre de birmans sont capables parler l’anglais. Bref un pays à voir pour les gens, la beauté de certains sites, la nourriture un peu grasse mais excellente, le fait d’être les seuls touristes de façon régulière au milieux  de populations locales ce qui ne sera certainement plus le cas lors du reste de notre périple.

Paroles de Julie : Premier pas en Asie pour moi, et bien quelle richesse ! J’ai eu beaucoup de difficultés à synthétiser tout ce que nous avons appris et découvert d’un point de vue religieux, économique, culturel, et gastronomique, et je vous prie de m’en excuser. La Birmanie est le pays du sourire et de l’authenticité et ce fut un réel dépaysement intégral pour moi. Quel plaisir !

Au-delà de la beauté du pays, je reste très perplexe sur le contexte dictatorial car rien n’est visible, aucune force policière, répression ou restrictions. D’autre part, les Birmans semblent heureux et ne disent rien sur leur gouvernement (par peur de la répression sûrement). Alors vous découvrez ce pays par bribes quand on veut bien vous dévoiler l’envers du décor. Ce qui est sûr, c’est que le gouvernement tient tout dont principalement l’information et l’économie et « se graisse » sur le dos de la population. Quant aux birmans, ils semblent résolus et acceptent la corruption, les coupures de courant, l’absence d’eau courante et autres contraintes à subir dans leur pays, leur détachement et relativisme sont bien entendu inhérent au bouddhisme, je suppose. En tout cas pour le touriste, quelle difficulté pour parvenir à se faire une idée fidèle de la réalité, tout reste opaque, dissimulé (de nombreuses zones du pays sont interdites d’accès), c’est très frustrant…

Mais comme vous l’aurez compris ma conclusion est très positive et je vous recommande vivement de passer faire un tour dans ce pays attachant, qu’on présente comme l’Asie d’il y a 50 ans…

IV.        Notre tour du monde : point après le 4ème pays
Paroles de Nicoco : Bon c’est toujours problématique ces voyages,vous vous rendez compte que la moitié du voyage est déjà passé et que ça va très vite et que la dernière partie va passer à toute vitesse. En plus, ça donne des envies de nouvelles destinations pour un nouveau voyage ou de revenir parce que vous n’avez pas passé assez de temps dans certains pays. Cependant je vais vous rassurer nous pensons sincèrement que nous sommes bien à Marseille, donc pas d’installation en Amérique du sud ou en Australie (quoi que l’Australie reste assez tentante vu du haut de nos 3 semaines sur place mais bon il faudrait emmener les parents, les grands parents dans la valise pas évident…).
De notre coté la petite Julie arrive à me supporter (ce qui est déjà une prouesse en soit) et nous nous entendons toujours très bien. Nous pensons au retour parfois et nos envies semblent se rejoindre.

Concernant l’essentiel je n’ai plus grand-chose à dire la dessus je crois que les choses ont été dites et que c’est déjà ancré. La réflexion sur le sujet a déjà été entérinée et les modifications seront minimes par des petites touches que je résumerais par un équilibre de vie, mais bon peut être que l’Inde ou la Chine éveilleront plus de choses en moi ( après tout ces 2 pays à eux seuls représentent plus de 43% de la population mondiale)

Paroles de Julie : Nous avons maintenant passée la moitié et j’ai le sentiment que c’est passé à une allure phénoménale même si, en regardant en arrière, je vois beaucoup d’images, d’expériences et de rencontres dans le rétroviseur. La fin de l’aventure est maintenant en vue avec 15 jours en Indonésie avec mes parents puis 1 mois en Inde et 1 mois en Chine. Alors on se dit qu’on doit profiter à fond même si on envisage déjà le prochain voyage, et oui, quand la drogue vous rend dépendant…

Par rapport à notre équipe, aucune ombre à noter au paysage, nous commençons à parler plus concrètement du retour, de nos envies, de nos projets mais aussi du travail. Nous avons la ferme volonté de rester sur Marseille, si le travail nous le permet car nous aimons cette vie et elle reste très pratique pour nos projets et mes engagements professionnels familiaux. Tout ça pour dire que je nous trouve très sereins, confiants et j’ai le sentiment que le retour va bien se passer, que nous ne reviendrons qu’enrichis et renforcés et prêt à reprendre tambour battant le chemin marseillais, le travail, un appartement, la suite quoi !

Par rapport à l’essentiel, les jours confirment nos dires antérieurs et je crois finalement avoir fait le tour de la question pour le moment la seule nouvelle touche reste cette introduction du bouddhisme et à la relaxation qui me font réfléchir pour mieux vivre, apprendre à prendre du recul et relativiser.  


lundi 6 juin 2011

Retour à Yangon via le Delta de l’Irrawady

Nous quittons la magie du lac Inle par bus le long de cette route chaotique et caillouteuse qui redescend des montagnes. Le trajet dure 15h, 1ère étape puisque nous enchainerons avec 5 heures la même journée…Et c’est avec lui, que notre petit boucle, la classique touristique, touche à sa fin, cependant il nous reste encore quelques jours. Le temps de revenir sur Yangon, tenter l’obtention du visa chinois à l’ambassade de Chine car on se dit, qu’étant donné les relations privilégiées, ça sera peut-être plus simple et rapide et surtout ça nous fera gagner du temps pour la suite, car nous pourrons nous dispenser d’un arrêt à Bangkok et aurons une dizaine de jours de bonus entre l’Indonésie et l’Inde…

Les passeports déposés, la moiteur « yangonnaise » revenue, nous décidons de quitter sans tarder la capitale économique pour partir à la découverte du Delta de l’Irrawady. Le changement de paysages est immédiat, nous observons de vastes marécages baignés par des milliers de petits fleuves. Le réseau fluvial irrigue des millions d’hectares de terres cultivées et fait de la région l’un des greniers à riz de la Birmanie.

Pourtant le delta a été le siège du passage du cyclone Nargis, mais cette région en a été pratiquement épargnée. Cependant, nous en discutons avec des locaux, qui ont des chiffres de victimes, inférieurs à ce que l’on connait, et surtout qui condamnent l’inaction du gouvernement qui a laissé « crever son peuple » et qui a bloqué toute aide internationale et nationale, la simple solidarité de proximité était très difficile.

Selon notre guide touristique, la région est interdite aux touristes suite au cyclone, cependant, nous tentons l’aventure et nous apprendrons au premier check point policier, que la zone est maintenant ouverte. Cependant les touristes sont rares et les contrôles multiples. Pour vous donner une illustration, à notre arrivée à l’hôtel, le réceptionniste a passé pas moins de 6 appels (entre l’armée, le district, les services secrets, la police, l’immigration…) et photocopié en 10 exemplaires nos passeports !

D’autre part, pour arriver jusqu’à la plage, il faut un certain mérite, je vous laisse en juger : 3h pour 40km dans le bus le plus pourri de notre existence entre des enfants, moines et population locale, des sacs de riz et autres cargaisons quasiment sur les genoux. Quelle souffrance pour nos postérieurs, les escarres ne sont pas loin ! Mais le voyage en valait la chandelle, nous découvrons une belle côte, lieu de villégiature de la classe moyenne birmane. Cependant en cette période creuse de début de saison des pluies, les hôtels sont désertés, le lieu s’ouvre à nous, nous sommes les seuls dans l’hôtel, dans un petit bungalow en bord de mer sur le golfe du Bengale.

Nous en avons profité pour nous reposer, nous amuser dans la mer à l’aide de chambres à air (les bouées locales), découvrir les magnifiques rubans de sable blanc, propres et déserts à bord d’une petite mobylette et cela malgré les interruptions intempestives du fait des grosses averses. Enfin nous avons eu la chance de participer à de magnifiques couchers de soleil. Un vrai petit coin de paradis…

Au-delà de la mer, les paysages sont beaux faits de mangroves, de rizières mais aussi de petits vallons densément peuplés d’arbres et de bambous. La région semble assez riche aux vues des constructions paysannes, la vie doit être plus simple du fait du climat, de la présence de la mer pour pêcher mais aussi de l’eau douce par le réseau d’affluents du fleuve. 

Le fameux bus le plus terrible de Birmanie !






Groupe d'enfants rencontrés dans un village sur la côte
Nous faisons une rencontre plus que pittoresque puisque nous sympathisons avec un français Robert, cheminot retraité de la SNCF, installé depuis près de 10 ans en Birmanie où il a refait sa vie et aidé les populations locales. Il nous donne un éclairage supplémentaire sur le pays et sa dictatures, la place de la corruption, le relative bonheur des locaux, la peur de la police, l’incompréhension quant au boycott international… Echanges intéressants avec un personnage haut en couleurs et passionné mais très réaliste sur le régime dans lequel il accepte de vivre.

Après ces quelques jours de repos originaux, dont nous ne nous attendions pas en Birmanie, sur l’une des plus belles plages du pays, il est déjà l’heure de rejoindre Yangon pour prendre l’avion pour l’Indonésie, notre prochaine étape. 

lundi 30 mai 2011

Découverte des campagnes de Hispaw et du lac Inlé

2ème partie du voyage, à la rencontre de la campagne birmane. Pour cela, nous sommes tout d’abord partis vers le nord, sur les territoires Shan, au niveau de la ville de Hispaw. Les Shans représentent 9% de la population et constituent la 1ère population après les Bamars. Ils ont une forte empreinte chinoise, du fait de leurs origines mais aussi de la venue de chinois suite à la seconde guerre mondiale ainsi qu’à la révolution culturelle. Les Shans ont combattu longtemps les Bamars, encore aujourd’hui, il existe une armée locale en guerre contre le gouvernement. Par voie de conséquence, cette région ne fut ouverte aux touristes qu’en 1996.

Sur place, nous n’avons pu faire de trekking cependant, nous avons loué une mobylette ce qui nous permis de visiter les alentours, sous les yeux intrigués et amusés des locaux qui vivent au rythme du temps et attendaient patiemment le début de la saison des pluies qui se faisait attendre… Nous avons découvert des sources d’eaux chaudes, de belles cascades ainsi que de paisibles paysages de rizières et de moyenne montagne où les agriculteurs font de la culture sur brulis au détriment de magnifiques arbres et bambous. La déforestation est un problème important en Birmanie, l’une des plus importantes de la planète.

Nous sommes également allés à la rencontre de villages palaung, communauté pacifiste très isolée n’attendant rien du gouvernement et cherchant la tranquillité. A chaque rencontre, le même scénario, des gens au premier contact assez timides, puis très souriants et amusés par notre venue. Profitons de l’occasion pour revenir sur la richesse et la diversité démographique : sur 47 millions d’habitants, la Birmanie compte 135 groupes ethniques distincts même si 8 nationalités ont été officiellement reconnues : Bamar, Shan, Môn, Karen, Kayah, Chin, Kachin et Rakkhaing. Ce territoire a été fortement convoité donc de multiples vagues de colonisation se sont suivies créant cette mosaïque de peuples aux inspirations chinoise, thaïlandaise et indienne. La topographie du pays ainsi que l’isolement imposé par la junte, ont contribué à séparer les différentes ethnies voire aussi à attiser les tensions culturelles même si toutes se retrouvent contre la suprématie des Bamars au gouvernement.  Au final, impossible de dresser le portait typique d’un birman, tant les inspirations sont déroutantes. Retour à notre périple…






Le pilote blanc des colines de Hispaw

Un petit bouddha bien mignon

Village typique local

Illustration de la culture sur brûlis
Cette riche campagne nous a régalés, dégustant les fruits locaux comme l’orange, l’ananas et les mangues, découvrant de magnifiques étalages de légumes au marché et dégustant de bons plats dans la rue. De façon plus générale, la nourriture birmane est très bonne principalement à base de riz, noddle et de currys de toutes sortes toujours avec beaucoup d’herbes et d’aromates locaux. Par contre, c’est toujours très riche et surtout gras, les birmans sont friands de beignets de toutes sortes (bananes, œufs, samosa, fruits de la mer, légumes, purée de pois chiche…), donc pas très bon pour la Julie qui a souffert quelques fois de l’estomac. La dernière grande caractéristique est le sac plastique, tout est mis en sac prêt à emporter, mais du soda à la paille, à la soupe en passant par les noddles frits. Et bien entendu, le sac fini par être balancé dans la nature, le respect de l’environnement et le tri sélectif, ne sont pas encore à l’ordre du jour… Mais il est l’heure de revenir à notre récit….
Exemples d'étalage sur le marché

Beaucoup de vert, de légumes, pour le grand bonheur de Nicoco
Un exemple de restaurants de rue, ici c'est barbecue party !

Nicoco a failli se lancer dans le commerce de Mangues....
Enfin une autre rencontre importante, fut celle que nous avons faite avec une équipe projet chinoise à notre hôtel : nous avons alors appris que la Chine et la Birmanie avait signé un projet de double pipeline (gaz et pétrole) qui traversera la Birmanie pour ainsi connecter Inde et Chine et pouvoir consommer les richesses birmanes. Par contre, aucune embauche birmane et aucune clause de rétrocession… ce projet pharaonique est un cas d’école sur le fonctionnement économique du pays : d’une part, les richesses se font piller par les 2 sœurs voisines (Chine et Inde), tel un colonialisme moderne, d’autre part, l’argent récupéré ne profite qu’au gouvernement puisque le peuple n’en verra jamais les fruits (argent, ressources, travail). Et c’est comme cela que la junte fonctionne avec les richesses nationales, comme le teck (75% des réserves mondiales), l’héroïne (le pays étant le deuxième producteur mondial en dérivés opiacés) et bien d’autres…

Après ces découvertes concrètes du système économique, nous embarquons en bus vers Kalaw plus au Sud, point de départ d’un trekking à destination du lac Inle. Et nous sommes dans l’obligation de faire une pause pour vous raconter l’épopée bus jusqu’à Kalaw. En voici les principales caractéristiques : la TV à plein tube et en continu aux rythmes des chansons ou films birmans niais ; pas de climatisation donc fenêtres ouvertes pour avoir une arrivée directe sur la poussière de la route en terre ;  une chaleur suffocante surtout quand vous avez les sièges du fond, le dos collé au moteur ; 32 places officielles mais avec des tabourets dans les allées pour optimiser ; remise de sacs pour vomir dès l’entrée du bus, systématiquement utilisés par des voisins birmans qui vomissent très silencieusement et sans odeur (Merci les amis !) ; dernier détail, ayant pris les derniers billets disponibles, nous nous sommes retrouvés sur une planche en bois à partager à 3, qui bien entendu glissait, donc avec nos voisins, tel un ballet silencieux, nous nous levions à l’unisson pour remettre en place ladite la planche et je vous passe les douleurs au postérieur bien entendu ! Un voyage terrible sur une route sinueuse arrivant à destination à 4h du matin après 13h de bus, mais nous apprendrons plus tard, que ce ne fut pas le pire de Birmanie…

Dès le surlendemain, nous partons en trekking avec un guide, Jimmy, un cuisinier, Sowe et accompagné de Rob, un australien sympathique retrouvé par hasard après l’avoir rencontré à Yangon. Malheureusement, la première journée fut tellement pluvieuse et le terrain glissant que nous avons du changer nos plans et ne pas aller au lac Inle à pied. Petite déception mais étant donné l’état de ma cheville, c’était la première vraie randonnée, c’est un mal pour un bien. Et puis belle consolation, les villages sont en effervescence du fait de ces premières pluies, il est temps de labourer avec les buffles d’eau, puis de semer, le riz principalement…Encore une fois, la terre est très riche et rouge, la nature très belle et verdoyante. Nous traversons plusieurs villages népalais (arrivés à l’époque britannique pour construire routes et chemin de fer), Danu et Pa-o, dormons chez l’habitant puis dans un monastère. L’accueil est toujours très agréable, convivial et au rythme du Bouddha, auprès de qui nous dormirons les deux nuits (petit sanctuaire dédié avec offrandes, bougies et encens). Les nuits sont d’ailleurs agitées par la venue intempestive de bestioles volantes dont des moustiques, par l’inconfort du lit (enfin de la natte posée à terre) et par les réveils matinaux (du fait des moines ou de nos départs matinaux). Parmi les temps forts de nos rencontres, pour Nicolas ce fut ses échanges avec un homme, le médecin pharmacien du village, concoctant ses médicaments naturellement. Pour Julie, ce fut le rituel des bracelets du voyage partagé avec une dizaine de femmes et enfants (bracelet orange crée en France avec sentence tibétaine « Le voyage est un retour à l’essentiel »). Enfin, au-delà de la marche, du coup assez réduite, nous avons fait l’expérience du train birman (lent, inconfortable, bondé), avec à chaque arrêt des vendeurs ambulants et du transport de denrées alimentaires : un vrai folklore où nous faisions office de bêtes de cirque. Ces 3 jours furent donc au final bien agréables, les repas délicieux et les échanges intéressants. En particulier avec notre collègue australien Rob, qui nous donna un éclairage précis sur le bouddhisme et une introduction à la méditation. Petite déception cependant pour le guide, de piètre qualité, cyclothymique et surtout très fatigué. Nous apprendrons plus tard qu’il est atteint du sida depuis quelques années déjà et qu’à l’époque, il était reconnu de tout pour son travail. Triste découverte. 

Nicoco en admiration devant une Amaranthe

Nicoco et son pote le magicien aux poudres de Perlinpinpin

Julie et le rituel du ruban 1

Julie et le rituel du ruban 2

Paysages de rizières à l'heure des premières pluies

La saison des pluies ouvre le début des semences de riz

Préparation de la terre avec les buffles d'eau


Profitons-en pour revenir un instant sur la religion : 89% des Birmans sont bouddhistes (le reste étant musulmans 4%, chrétiens 4%, hindouistes 1,5% et animistes 1%). On pratique en Birmanie le Bouddhisme theravada ou bouddhisme du Petit Véhicule, qui défend que le Bouddha n’est pas un dieu mais un simple mortel qui a atteint l’éveil : plus proche de la philosophie que de la religion, cette doctrine sans divinité prêche une discipline personnelle, qui par « l’accumulation de mérites », aidera l’individu à renaitre dans une existence meilleure (croyance en la réincarnation), à se diriger vers le chemin de l’Eveil et petit à petit vers le Nirvana, extinction du cycle des réincarnations. A partir de là, il est essentiel de vous présenter quelques préceptes : selon Bouddha, l’existence est une satisfaction impossible du fait du « désir égoïste » (le bonheur est temporaire, vide et non satisfaisant) et lorsque l’homme renonce à ce désir, il atteint un état de parfaite sagesse. Or pour cela, il doit se tourner vers l’intérieur, et maitriser son esprit en pratiquant la méditation. Dans la vie quotidienne, les birmans cherchent à gagner une vie meilleure en nourrissant les moines, faisant des offrandes aux temples et en pratiquant leurs dévotions dans les payas (temples locaux). Fin de la parenthèse et retour sur notre périple.

Nous sommes finalement arrivés au lac où nous passèrent deux très belles journées. Commençons par décrire ce qu’est le lac Inle : long de 22km et large jusqu’à 11km, cette étendue d’eau paisible se situe entre des collines verdoyantes et des sommets plus arides, c’est l’un des paysages les plus féeriques du pays de part son côté paisible et son immensité. C’est la tribu Intha qui peuple ce lieu : asservie par les Shans, les Inthas furent déportés sur le lac Inle. Ils entreprirent alors de bâtir de véritables îles artificielles. Découpant de larges bandes de terre entremêlées de végétation, ils les trainèrent sur l’eau, où elles flottent, amarrées au fond du lac avec de longs troncs de bambous. Sur ces digues peuvent ainsi naitre une maison sur pilotis mais aussi des cultures flottantes, qui font la spécialité, avec la pêche, du lac. Autant dire que la frontière entre terre, marécage et lac est floue. Le seul moyen de navigation est bien entendu le bateau, à fond plat traditionnel ou à moteur.

Les petits villages sur le lac sont autant de petits « Venise », avec leurs maisons traditionnelles sur pilotis, leurs « gondoles » et leurs petits ponts. La vie du lac suit le rythme des cultures, de la pêche, de manufactures locales (tissu, cigares, ombrelles) et du tourisme. En ce qui concerne la pêche, c’est un spectacle acrobatique que nous offrent les pêcheurs en pagayant avec le pied ; concernant les cultures, les jardins flottants font pousser fleurs, tomates, courges et autres fruits et légumes. Concernant le tourisme, ce fut l’un des premiers sites touristiques ouverts en Birmanie. Dans les années 1990, le régime était en faillite et à ouvert petit à petit le pays, décrétant en 1996, l’année du tourisme en Birmanie. A ce moment là et encore aujourd’hui, 2 positions bien tranchées : pour ou contre le tourisme ? Car qu’on le veuille ou non, la junte tenant l’économie, en dépensant en Birmanie, le touriste accepte de financer la junte. Cependant, isoler un pays du regard international n’est guerre mieux. Ajouter à cela le fait que pour bâtir les infrastructures touristiques, le gouvernement a fait appel au travail forcé et le choix finit par être autant militant de cornélien pour venir faire du tourisme au Myanmar. Cependant pour information, la situation a évolué et on évalue que le touriste moyen dépense 80% dans des structures privées. De notre côté, à notre connaissance nous aurons « financer la junte à hauteur de » 230 $ (vol interne + tickets d’entrées dans des sites archéologiques+ visas + taxe de sortie du territoire). Fermons cette parenthèse et revenons à notre majestueux lac Inle.

Résidant au bord du lac, dans la ville de Nyuangshwe, nous nous sommes régalés car les rencontres furent très riches et nombreuses, les locaux encore plus accueillants que d’habitude (pourtant les touristes sont théoriquement plus nombreux, même si nous sommes actuellement en période creuse). Permettez-nous de vous décrire quelques unes de nos plus riches rencontres : Nicolas a partagé une partie de football traditionnel avec des jeunes locaux (jeu nommé chinlon, sorte de tennis ballon à l’aide d’une balle de rotin tressée); nous avons retrouvé plusieurs soirs des jeunes chantant aux sons de leurs guitares sous la nuit étoilée (reprise de chansons internationales traduites en birman) ; enfin une rencontre fortuite, celle d’un chauffeur de calèche qui tracta notre mobylette dont la roue avait crevé. En effet, nous avons loué une petite mob (ça devient une habitude) pour partir visiter les alentours du lac, journée fort sympathique car hors des sentiers battus touristiques. Cependant la mob était pourri, le loueur nous a même laissé son numéro de téléphone, tellement qu’il avait confiance en son engin… au final au-delà de la difficulté de démarrer, Nicoco s’en est sorti comme un chef, et Julie se chargeait de faire klaxon et clignotants ! Cependant, sur la route du retour, une crevaison. Par miracle un chauffeur de calèche s’arrête et tracte le scooter sous les regards amusés des locaux mais aussi de Julie. Donc une aventure bien rigolote qui nous a permis de tester la solidarité locale ! 

villages sur pilotis, les Venise locaux

une manufacture de cigares

discussion entre pêcheurs sur le lac Inle

Ballade en ombrelles sur le lac


jardins flottants


Avant de conclure sur le lac Inle, nous voulions nous arrêter quelques instants sur le sort des célèbres « femmes girafes », présentes dans la région (petit message pour Martine, la maman de Nicoco, « c’est un paragraphe spécialement pour vous ! »): l’ethnie Padaung dont sont originaires ces femmes, habitent au sud du lac Inle près de la frontière thaïlandaise. A l’origine, la pause de ces anneaux servait à rendre les femmes moins belles aux yeux des communautés voisines. La pause de ces lourds anneaux entraine la déformation de la clavicule et des côtes supérieures en repoussant les épaules vers le bas. Or aujourd’hui, elles sont devenues de vraies bêtes de foire et la pause de ces anneaux est à des fins commerciales. De nombreuses femmes girafes sont emmenées en Thaïlande, gardées en quasi esclavage pour être montrées aux touristes. Nous en avons fait d’ailleurs la triste expérience dans une échoppe du lac, et Nicoco a décidé de boycotter cette rencontre pour ne pas cautionner cette traite.

dimanche 22 mai 2011

Les cités impériales de Bagan et Mandalay

Pour gagner du temps et du confort, nous avons opté pour l’avion afin de rejoindre Bagan, cependant malgré nos précautions, nous réaliserons plus tard que l’entreprise « privée KBZ » était finalement une immense holding ayant sûrement des liens directs avec le gouvernement. Car, le but de ce voyage comme vous le comprendrez est de visiter le pays, d’en comprendre le fonctionnement mais d’éviter au maximum de donner son argent à la junte qui dépouille suffisamment le pays, vous le découvrirez au fil de notre récit, malheureusement…

A l’arrivée, nous avons été surpris par une nature aride quasi désertique avec seulement quelques cactus et palmiers à sucre comme touche de verdure, une terre ocre, un territoire couverts de temples avec en fond d’écran le fleuve Irrawady et quelques montagnes. La vue d’ensemble est un émerveillement, imaginez une plaine d’environs 65 km² recouvert aujourd’hui de près de 4 000 temples principalement en briques rouges. Cet ensemble a été initié au 11ème siècle par le roi Anawratha, qui, après avoir unifié une partie du pays, introduisit le bouddhisme theravada comme religion officielle. Ainsi, pour donner corps à sa foi et créer un site à la hauteur du Bouddha, il lança une grande campagne de constructions bouddhiques, jamais imaginée jusque là. En 230 ans, plus de 6 000 temples furent construits, principalement en teck (d’où leur fragilité) et 11 rois se succédèrent. En 1287, c’est le déclin du cœur de la culture birmane avec l’envahissement par les mongols.

De nos jours, le site reste majestueux, un peu à l’image d’Angkor au Cambodge bien que le gouvernement ait pris la décision unilatérale de déplacer toute une population qui vivait sur place pour décréter la zone « archéologique nationale ». Par contre dans le détail de chaque temple, c’est un peu décevant car c’est très simple, voire épuré il ne reste que la construction en brique et pierre et de multiples bouddhas voire de rares peintures murales. Le principal intérêt repose sur les terrasses extérieures qui permettent de bénéficier d’un superbe point de vue en particulier lors du coucher du soleil, merveilleux et magique. Pour la visite, du fait de ma cheville, nous avons opté pour la location d’une calèche (très romantique non ?!) qui nous permis d’enchainer près d’une quinzaine de temples en une journée. Largement suffisant pour une première découverte de la culture birmane. A ce sujet, 2 précisions à faire, en Birmanie, il n’est d’art que religieux donc durant notre voyage, les points d’intérêt seront les temples, monastères et bouddhas qui doivent briller en hommage au Bouddha. D’autre part, les bouddhistes n’ont pas du tout la même notion du temps que les occidentaux, tous les monuments sont régulièrement rénovés avec les moyens du bord pour être toujours impeccables aux yeux du bouddha, quitte à gâcher l’original…

Au-delà du site de Bagan, nous en avons profité pour visiter le mont Popa, autre élément essentiel religieux national : croyance d’origine animiste, la culture des nats ou esprits est fortement populaire en Birmanie. D’ailleurs, le roi Anawratha au 11ème siècle, a même été obligé, devant la ferveur populaire, de l’intégrer à la religion officielle par un tour de passe passe consistant à introduire un 37ème nat, supérieur aux autres représentant bouddha. A l’origine, ces nats représentent des personnages historiques ou de légende qui ont soit péri de mort violente soit injuste. Petit à petit ces esprits sont devenus protecteurs, on en compte aujourd’hui officiellement 37 et chaque jour, les birmans leurs accordent des offrandes soit chez eux soit au pied d’un arbre sacré, soit sur des lieux de culte dédiés toujours aux couleurs rouge et blanches des nats. Il existe également des cérémonies quasi chamaniques où les birmans par des incantations cherchent à entrer en contact avec les esprits. Le mont Popa représente la résidence spirituelle des 37 nats. C’est un pic solitaire volcanique de 750 m se dressant au dessus de la vallée depuis plus de 250 000 ans. L’excursion fut très agréable, nous avons grippé le long des allées couvertes à la rencontre des différents temples dédiés aux nats, accompagnés de singes voleurs qui assurent la sécurité du site ! 

Vue majestueuse de la plaine de Bagan

Nicoco s'essaie au thanakan, tradition locale

Un bouddha par les milliers que nous croiserons....



le célèbre Mont Popa, site des Nats ou esprits

Rencontre avec les protecteurs du site du mont Popa...
Nous avons ensuite rejoint Mandalay en bus pouvant ainsi apprécier la vie quotidienne des paysans, charrettes à bœufs, rizières irriguées et plaines ondulantes. La ville de Mandalay constituait pour nous une escale rapide, n’ayant pas été particulièrement enthousiasmés par ce que nous avions lu. Au final, en 24h chrono, nous avons fait les grands classiques et cela en usant de tous les transports possibles pour économiser ma cheville : trishaw (pousse pousse local), tuk tuk (moto fourgonnette à 3 roues), mobylettes et fourgonnettes collectives bondées ! Parmi les choses que nous retiendrons :
  • Le spectacle des Moustache Brothers : la ville de Mandalay est aussi le cœur culturel de la Birmanie, résidence des célèbres dissidents « les Moustache Brothers ». Ces 3 frères sillonnaient alors le pays pour jouer des opéras populaires avec danses, musiques et farces et en profitaient pour dénoncer le gouvernement. Cependant, plusieurs d’entre eux allèrent en prison ou firent du travail forcé. Aujourd’hui, ils restent sur Mandalay, pour présenter un spectacle exclusivement aux touristes en anglais, mais quelle déception, aucun élément politique ni historique, simplement des danses traditionnelles et quelques notes d’humour acerbe très limitées. Un triste visage qui en dit long sur la dissidence locale, réduite à néant…
  • Le temple «  Paya Mahamuni » : la principale curiosité est un bouddha de 4m en bronze recouvert d’or. La tradition veut que les pèlerins fassent offrandes de feuilles d’or pour recouvrir le bouddha qui jouit aujourd’hui de près de 15 cm d’épaisseur d’or. Par contre, les femmes n’ont pas accès au bouddha, curiosité locale très isolée. Le travail de l’or est donc une spécialité locale, comme le commerce de jade. La Birmanie regorge de minerais précieux, qu’elle n’exploite que peu mais dont elle se fait piller, principalement par la Chine, sa grande sœur.
  • Un beau pont sur pilotis : long de 1 200m et constitué de plus de 900 piliers de teck fait chacun d’une seule pièce, c’est le pont en teck le plus long du monde. Ce pont traverse un lac, permettant ainsi de connecter le village au reste de la ville. Mais au-delà du record, c’est un lieu de rencontre et de vie quotidenne, en particulier avec les moines, qui apprécie cette promenade pour méditer sachant que Mandalay est une ville d’enseignement monastique très active.
  • De très beaux monastères en teck : la Birmanie regorge de monastères, cependant les structures traditionnellement en teck ont rarement été conservées. A Mandalay nous en avons visités de magnifiques aux ornements en teck sculpté, aux toitures carrées à étages dentelées reposant sur des centaines de piliers en teck massif. Magnifique et très fin. D’autant que les monastères constituent un havre de paix et de fraicheur pour le touriste abattu par la chaleur.
60% des moines du pays sont à Mandalay, nous profitons de l’occasion pour vous dire quelques mots sur cette culture monastique. En effet, difficile de voyager en Birmanie sans croiser régulièrement des moines qui se comptent au nombre de 500 000 sur le territoire, c’est la seule vraie institution civile du pays. La coutume impose à tout homme birman d’effectuer au moins 2 retraites dans sa vie d’au moins une semaine. Levés à 4h du matin, les moines passent l’essentiel de leur temps à prier et méditer. Concernant les repas, le matin, ils arpentent les rues avec leurs bols pour obtenir des offrandes de nourriture. Mais attention, ils ne mendient pas, ils offrent l’occasion à la population d’accomplir son acte de « dhana » et d’acquérir ainsi le mérite. Têtes rasées, la tenue traditionnelle est une robe rouge foncé pour les hommes et roses pour les femmes. Par contre, les femmes n’ont pas la possibilité de devenir un Bouddha et occupe une position subalterne, d’ailleurs sur certains sites religieux, elles n’ont pas le droit de pénétrer. Dernier élément intéressant, de nombreux enfants sont envoyés dans des monastères faute de moyens, car tout moine est nourri, logé et blanchi. Nous avons rencontré de nombreux moines et novices, les rencontres furent plus ou moins riches et sincères, car à mon goût, tous n’ont pas les mêmes convictions (rencontre avec un guide avide moine par exemple). Enfin pour revenir à Mandalay, sachez qu’en 2007 c’est depuis cette ville qu’est né l’élan de protestation mené par des moines, contre le gouvernement du fait de la hausse des prix. Ce mouvement a rassemblé près de 150 000 personnes dans les rues. Cependant le gouvernement a rapidement mis fin à cette rébellion et arrêté les principaux leaders. 

Rencontre de moines sur le plus long pont en teck du monde

Visage d'enfant au tanakhan !!


Arrêt sur images sur les "Moustache Brothers", célèbres dissidents

Magnifique monastère en teck

Vue d'ensemble de Mandalay
Nous quittons maintenant la ville de Mandalay, sa chaleur accablante, son dense trafic, ses édifices modernes et sa forte présence chinoise… pour monter en altitude et rejoindre les territoires shan. Pour tout vous dire, nous repasserons plus tard sur Mandalay, en transit d’une après midi, mais la chaleur était telle que nous avons opté pour la piscine municipale, si c’est pas scandaleux pour des globe-trotters !