jeudi 21 juillet 2011

Bénévolat dans le Sud de l"Inde

Nous sommes donc arrivés sur le sol indien en capitale New Delhi, le 13 Juillet en soirée. Nous avons été immédiatement saisis par la chaleur et l’humidité malgré l’heure tardive, c’est l’époque de la mousson et la chaleur reste terrible. Au-delà des conditions climatiques, nous découvrons « nos premiers indiens d’Inde » et dans l’ensemble, ils sont plutôt beaux : l’homme semble assez grand et élégant tandis que la femme est magnifique par sa tenue d’apparat coloré, le sari, mais aussi tout ce qui va autour comme les multiples bijoux et le maquillage, élégante et assortie des pieds à la tête, c’est un plaisir pour les yeux. Autre élément notable, les gens parlent Anglais, ce qui est un vrai confort pour échanger, même si on a un mal fou à les comprendre !

Passés cet aperçu, nous rejoignons un hôtel à proximité de l’aéroport car nous ne sommes qu’en transit à New Delhi (oublions donc la Garden Party du 14 Juillet à l’ambassade de France !). Nous faisons déjà notre première mauvaise expérience, par un jeu de manipulation (tel de la magie, petit clin d’œil pour Willy, l’oncle de Nicolas), un guichetier nous vole 350 Roupies (équivalent de 6€ environ). Nicolas est comme un fou, tandis que nous devons déjà faire face à la pression ambiante. Nous restons sur nos gardes et à l’affût mais nos premières sensations sont stressantes. Nous fuyons donc New Delhi le lendemain car nous avons d’autres plans en tête…

En effet pour notre première semaine d’immersion en Inde, nous avons décidé de partir dans le Sud, dans un petit village nommé Kalkéri pour travailler en tant que bénévole dans une association, nommée « Musiciens du Monde » qui dirige une école de musique. Alors vous vous demandez peut-être pourquoi et comment nous avons trouvé ce projet, je vous explique en quelques mots : une amie à moi, Eugénie, était très attachée à cette école et avait eu l’occasion de venir en Inde en tant que bénévole. Or, cette dernière, nous a quittés il y a maintenant presque deux ans, suite à une tumeur au cerveau. Et parmi les projets qu’elle s’était fixés, une fois la maladie vaincue, il y avait l’Inde et cette école. Je pense que vous comprendrez maintenant pourquoi, ce passage était important pour moi. Et Nicoco a accepté de jouer le jeu, car après la maison de retraite en Bolivie, il « kiffe grave le bénévolat » !!

Alors tout d’abord, quelques mots sur le projet en lui-même : monté en 2001 par un couple franco-québécois, l’objectif est de permettre à des enfants défavorisés d’avoir accès à un enseignement de qualité (académique et musical) et ainsi de pouvoir développer leur potentiel. L’école accueille gratuitement en internat 160 enfants de 5 à 17 ans, et leur propose un programme d’éducation intense de près de 8h par jour alternant cours classiques (anglais, langues, math…) et cours de musique et danse. Le site se trouve en pleine campagne au milieu de la forêt tropicale, les conditions sont sommaires et le rythme difficile, cependant c’est vraiment une chance pour ces enfants, qui doivent faire preuve de courage, de motivation et d’autonomie. 

Petite photo d`une partie des troupes
Atelier musical avec instruments traditionnels
Atelier danse traditionnelle
En terme de conditions, quelques précisions (qu’il faut bien entendu remettre dans la perspective indienne et non occidentale) : les enfants partagent une pièce commune d’environ 30m² (soit moins de 1m² par enfant) d’une construction traditionnelle faite de bambou, de gobar (bouse de vache séchée) et de tuiles poreuses laissant parfois passer l’eau ; cette pièce commune sert également de salle de classe et d’étude ; ils possèdent une box chacun  (rassemblant leurs affaires) dont ils gardent précieusement la clef autour du cou ; les salles de classe sont aussi sommaires que les salles de vie traversées par le linge en cours de séchage et par les courants d’air. Les enfants étudient par terre sur une natte de la même manière qu’ils dorment d’ailleurs, à la lumière régulièrement de la bougie quand l’électricité est capricieuse ; concernant les repas, les enfants récupèrent une gamelle et sont servis à tour de rôle avant de manger à même le sol dans une salle commune, après avoir prié en collectif ; dernier détail, les sanitaires se résumant à des toilettes turcs et à des rampes de robinets d’eau, dégageaient une odeur permanente de pisse, à proximité des lieux de vie… Au-delà des conditions quotidiennes, s’ajoute à cela la période de la mousson qui arrose de ses pluies par intermittence soutenue et apporte une forte humidité. C’est une saison difficile où les enfants sont souvent malades car ils ont peu de vêtements, marchent pieds nus et dorment sur une natte à même le sol avec une petite couverture. Et malgré ce, le sourire.

Cours academique - session 1
Cours academique - Session 2
Et quand il y a des chaussures, voici leur etat....
Etude du soir dans la piece commune des petites filles
La fameuse box, la veritable  live-box
Environnement et batiments de l`ecole
L`heure du repas a sonne
Alors à la lecture de ces lignes, ne vous méprenez pas, ce n’est pas le bagne mais bien une formidable opportunité pour ces enfants car il faut remettre le contexte en perspective indienne. A leur service, une quarantaine de salariés et une dizaine de bénévoles internationaux assurent la gestion du projet (cours, repas, maintenance, intendance…). Nous avons en particulier passé du temps avec les bénévoles, québécois, allemands et français, venus passer quelques mois pour donner un coup de main. Permettez-nous juste de tirer notre chapeau à Géraldine (salariée en charge des bénévoles), Charline, Pauline, Laure, Anne-Sophie, Virgile, Ida, Fred ainsi que les Mélissa du Québec mais aussi aux salariés, occidentaux en particulier, qui font un peu don de leur vie au service du projet. Car les conditions, nous obligent à un fort degré d’adaptation, en voici quelques illustrations : lavage à l’eau froide avec mandi (petit seau d’eau pour aspersion) ; repas peu variés (principalement du riz) servis dans une gamelle et à déguster à la main droite avec les doigts ; lutte quotidienne contre les poux, puces et la gale ; tenue vestimentaire traditionnelle obligatoire pour les filles (tunique et étole) ; interdiction de fumer pour les femmes…. Mais en échange, un tel enrichissement !

Pour notre part, durant ces quelques jours, nous avons tâché d’en prendre plein les yeux en participant à un maximum de cours académiques et de musique, en étant utile dès que possible (animation de cours d’Anglais ; gestion du « Plate Check » - vérification du lavage de mains pré-repas et du nettoyage des gamelles post-repas ; participation à des activités – sortie, atelier henné, jeux ; participation aux temps de vie comme l’heure des devoirs, du coucher, du lever, de la douche ; atelier couture pour rafistoler leurs vêtements déjà bien usés) mais aussi et surtout en étant le plus disponible possible pour les enfants. Si vous saviez l’accueil que nous avons reçu de ces enfants : formidable par leurs ouvertures et les échanges que nous avons pu avoir en anglais. Ils nous ont beaucoup touchés même si parfois ils furent insupportables ;-)
Quelle belle leçon de vie, et c’est là que notre sentence continue à prendre tout son sens « le voyage est un retour à l’essentiel ». Comment oublier la générosité et les sourires de ces enfants ? Comment ne pas prendre du recul sur nos conditions de vie d’Occidentaux ? Nous avons été ravis de vivre cette expérience, vraiment épatés par le projet, admiratifs devant les fondateurs mais aussi devant ces enfants, pour leurs courages (les premiers arrivent à l’âge de 5/6 ans) et leur joie de vivre car cette vie a des tonalités militaires par rapport au rythme, à la notion permanente de collectif et à la promiscuité. Et puis, ça inspire d’autres envies, de famille…d’autant que Nicoco a trouvé la gestion des enfants beaucoup plus simple qu’il ne l’imaginait (ouf !)
Nicoco et un pote
Julie en atelier dessin improvise

Praveen le terrible !!
Nicoco a table par terre et avec les mains
Nous commencions à peine à prendre nos repères, les enfants à nous connaitre, qu’il fallait déjà partir, petite déception qui faisait cependant partie du jeu, alors peut-être une prochaine fois car ce projet a vraiment du sens et une réelle efficience, d’ailleurs pour ceux qui souhaiteraient aller plus loin dans la découverte, voici le site Internet de l’association : www.ksv.org.in et nous vous recommandons vivement de tenter l’aventure, riche à tous points de vue. 



Nous avons donc repris la route, cap vers le Nord, en train de nuit un peu chaotique : nous nous sommes d’abord trompés de train, puis avons erré dans la gare en pleine nuit, avant enfin de pouvoir se reposer 3h en wagon couchette attachés à nos sacs avec l’appréhension du vol en plein sommeil. Enfin, tout s’est bien passé et nous avons fait un saut de puce dans la province de Goa en capitale Panaji, ancien fief portugais jusqu’aux années 1960. Nous en avons profité d’abord pour récupérer un peu, pour bien nous « dérusquer » (en langage languedocien, ça signifie se laver et récurer en profondeur), pour manger autre chose que du riz (et aussi un peu de chocolat ;-) mais aussi pour découvrir une belle ville colorés aux accents latins, peuplés de nombreuses églises et couvents en bordure de la mer d’Oman. 



Prochaine étape, l’extrême Nord et la région du Ladahk, pour se dégourdir les jambes à 5 000 m d’altitude, aie aie aie le mal des montagnes va sûrement sévir… affaire à suivre donc.


mercredi 13 juillet 2011

Entre Indonésie et Inde….il y a eu le Cambodge et la Thaïlande…

En effet, avant notre prochaine destination en terre indienne, nous bénéficions d’une dizaine de jours de rabbe. Nous en avons profité d’une part pour faire un saut au Cambodge et en particulier à Siem Reap, la ville toute proche des temples d’Angkor. Nicolas était déjà venu et a pris plaisir à revisiter ces sites qu’il a trouvé bien plus aménagés au tourisme et à la protection des monuments. De mon côté, après les temples hindouistes et bouddhiques birmans et indonésiens, mais avant l’Inde, c’était idéal comme introduction à la culture Khmer qui mêle justement hindouisme et bouddhisme. A ce sujet, pour ceux qui s’embrouilleraient un peu entre les deux (comme c’est notre cas), j’ai essayé de synthétiser un peu (si vous trouvez des erreurs, merci de me le dire) : l’hindouisme a donné naissance au bouddhisme, c’est pourquoi le bouddhisme est imprégné de concepts hindous.
  • Les principes de l’hindouisme sont : l’immortalité de l’âme, le concept de délivrance de la souffrance terrestre et l’existence d’une réalité absolue derrière les apparences illusionnistes du monde visible. Des divinités centrales telles : Brahma, dieu créateur de l’univers ; Vishnu, dieu solaire ; Shiva, Dieu destructeur. L’hindouisme ne connait pas de fondateur historique mais tout repose sur les lois cosmiques et universelles (le monde des démons, le monde des hommes et le monde des Dieux).
  • Les principes du bouddhisme : fondé au 5ème siècle av JC par un prince indien, le futur bouddha, approfondit la tendance philosophique de l’hindouisme allant même jusqu’à douter de l’existence des dieux. Mais plutôt identification de la source de la souffrance humaine et mise en place d’un éventail de techniques pour libérer l’individu du désir et de la souffrance.
Alors pour revenir à nos temples d’Angkor, c’est l’œuvre de l'empire khmer, encore méconnu, qui régna entre le 8ème et le 13ème siècle, étendant son territoire jusqu’à l’actuel Laos et Cambodge. La ville d’Angkor en était la capitale et vit succéder de nombreux rois aux croyances successivement hindouistes et bouddhistes. Cependant, un principe commun, ces rois se faisaient construire des temples pour protéger le royaume mais c’était aussi en quelque sorte leurs mausolées (un peu à l’égyptienne). Chaque roi voulant se distinguer du précédent, asseoir sa suprématie mais aussi sa complaisance vis-à-vis des Dieux (pour les hindouistes, principalement Shiva et Vishnou) et du bouddha (pour les bouddhistes). Le résultat est un sublime et vaste site rassemblant de nombreux temples tantôt gigantesques tantôt plus modestes, bouddhiques et/ou hindouistes avec chacun leur touche. Le site est de toute beauté, l’art khmer est très fin et élégant, même si parfois les temples sont envahis par la jungle. Le Cambodge est soutenu par de nombreux gouvernements (dont principalement la France) pour restaurer et entretenir les sites. Nous avons arpenté Siem Reap en teuc-teuc local (cf. la photo, un mix entre une calèche et un side-car) durant deux jours, découvrant ainsi la culture cambodgienne, nous avons été particulièrement enthousiasmés par la gentillesse des habitants, la gastronomie khmère, le calme de la ville et cette atmosphère aux consonances françaises.

L'immense et majestueux temple d'Angkor Wat
Les soldats tenant la garde au dessus des douves des temples
Le temple aux visages.

Le temple envahi par la jungle
Nicoco se protégeant du soleil à l'asiatique avec l'ombrelle
Quelques rencontres sur site, d'abord les danseuses....
Puis le serpent.... moins sympathique
Incroyable, un petit déjeuner à la française, je n'en reviens pas !!!
Le teuc-teuc local, romantique n'est ce pas ?!!
Au-delà de la ville de Siem Reap, nous avons passé une journée complète en capitale cambodgienne, Phnom Penh. Cette ville semble très agréable, aux abords des rives du Mékong et de ses affluents (d’ailleurs, ils ont leur « croisette », un front de fleuve aménagé), avec de grandes avenues, places et jardins, loin des grandes capitales asiatiques faites de grattes ciels, engorgées et étouffantes. Le seul bémol, à mon goût, reste la prostitution surtout infantile, un véritable tourisme sexuel s’est développé, et le pays semble avoir le plus grand mal à le règlementer. Pour la petite anecdote, nous avons atterri dans un bar d’entraineuses, par inadvertance au cours d’une urgence intestinale, mais heureusement, Nicoco semble être sorti indemne (en tout cas, il n’a rien dit !!). Moment plus intéressant de notre découverte, nous avons visité le palais royal puis nous sommes allés au musée S-21, retraçant le génocide orchestré par les Khmers rouges entre 1975 et 1979. Le musée est lui-même situé à l’endroit d’un ancien lieu de séquestration et de tortures. Nous sommes sortis de cette visite abasourdis par tant de cruauté, et cela il y a juste 30 ans… C’est extrêmement difficile d’être concis tant l’histoire cambodgienne est complexe et en particulier directement liés au Vietnam donc en particulier à la guerre contre les américains (le Cambodge aurait été le pays le plus bombardé au monde car la jungle du Nord était le repère des rebelles vietnamiens) mais aussi à la guerre froide (bloc communiste contre bloc capitaliste). Au final, en 1975, une armé, avec à sa tête Pol Pot, parvient à prendre le pouvoir et à instaurer le « Kampuchéa Démocratique », un communisme extrémiste qui abolit la monnaie, toute propriété privée, qui lance de grands travaux exécutés par des travailleurs forcés et qui anéantit la civilisation urbaine, l’industrie, les hôpitaux, écoles et administrations, obligeant  à l’évacuation de toutes les villes, invitant les habitants à rejoindre les campagnes. Tout cela pour construire un homme nouveau. Au total, en l’espace de 3 ans, de un à deux millions d’individus seront tués. 

Vue sur la capitale, à l'arrivée de l'orage
Soirée sur la croisette locale
Un bâtiment typique du palais royal
Quelques moines locaux rencontrés, quelle élégance !
Visages volées par la période Pol Pot
Visite de cellules sous la dictature...


Pour conclure sur ces quelques jours au Cambodge, et bien, ça donne envie d’y retourner, ce pays et surtout ce peuple nous a touché, par la richesse de son patrimoine khmer principalement mais aussi par leur histoire, traumatisante par le régime de Pol Pot mais aussi nostalgique d’un temps où le Cambodge était sous protectorat français. En effet, les liens avec la France restent visibles (vente de pains, couples mixtes, on joue à la pétanque, de nombreux commerces aux accents français, de nombreux cambodgiens qui parlent français….).  Un pays à découvrir donc mais si possible hors des chemins touristiques, fortement développés ces dernières années, même si bien entendu les sites comme Angkor sont inévitables.

Notre dernier saut de puce fut en Thaïlande, et ces quelques jours là-bas ne furent pas très florissants en terme financier. Ça a commencé à Bangkok puisque nous avons perdu une de nos cartes bleues, dans des circonstances qui restent obscures. Bien entendu dès que nous nous en sommes rendus compte, nous firent opposition. Il nous reste maintenant une carte bleue et un peu de liquidités d’ici la fin du voyage, plus de droit à l’erreur donc. Rajoutez à cela, que nous avons souhaité prendre un bus de nuit au cours duquel nous nous sommes faits littéralement cambrioler les sacs en soute, alors rien de grave dans la mesure où les choses précieuses restent à nos côtés, cependant, bilan du préjudice : 200 € d’urgence (que nous cachions en cas de disette) et le véritable sentiment d’avoir été agressé (car l’air de rien, notre sac à dos demeure notre maison, depuis maintenant 5 mois et il fut mis sans dessus –dessous avec comme seul objectif l’argent). Donc ne vous inquiétez pas, nous n’allons pas encore faire la manche en Inde, mais disons que ces mises en garde nous permettent de nous préparer à l’Inde et de rester sur le qui-vive.

Enfin, au-delà des mauvaises nouvelles financières, nous nous sommes donc rendus au nord de la Thaïlande, fuyant ainsi les touristes, en particulier français, qui avaient pris d’assaut Bangkok avant de rejoindre la côte et les îles paradisiaques du Sud. De notre côté, nous avons opté pour le Nord, plus préservé et la ville de Chang Mai. Nous avons passé de superbes journées, louant une mobylette nous sommes partis en balade, tantôt rejoindre un camp d’éléphants pour faire une balade à dos d’éléphants (une expérience « hallucinante et extraordinaire », je n’en reviens toujours pas !), tantôt à la découverte du Triangle d’or (région limitrophe de la Birmanie, du Laos et de la Thaïlande, lieu de culture du pavot et plaque tournante de la vente d’opium) avec la visite du musée de l’opium. Et tout cela agrémentait de baignades dans des sources d’eau chaude et la piscine d’eau salée de l’hôtel (on fait ce que l’on peut pour se sentir à Marseille…), de massages et de bons petits plats locaux (nous avons gouté le crocodile, bof bof, une viande blanche type poulet…). Seul élément qui nous a parfois ralentis, la pluie : en pleine saison des pluies, nous avons parfois croisé de bonnes averses comme par exemple la veille de notre départ, en scooter avec les sacs (cf. la photo), un grand moment de fous rires au début, puis de dégoulinage ensuite…
Paysage commun au Nord de la Thaïlande
Ponctués de plantations de thé


Et de plantations de riz bien entendu
Une ballade à dos d'éléphant, incroyable !!!
le cadre de notre hôtel
Le temple blanc, un ouvrage moderne bouddhique
Échoppe de nourriture au "night bazar"
Champ de pavots - l'opium vient du latex des fruits
Ju. & Nicoco aux sources d'eau chaude
Ju. & Nicoco, chargés comme des baudets, sous la pluie...

Nous voilà donc remis sur pied pour attaquer l’Inde, départ le 13 Juillet pour un mois, l’aventure continue, à très vite donc !  


mercredi 6 juillet 2011

Conclusions d'Indonésie

 I.        Quelques chiffres :
  • 5 volcans visités sur 3 îles différentes (Java, Bali et Lombok)
  • Près de 13 000 de dénivelés positifs parcourus à pied, en minibus ou en mobylette
  • De nombreux « hallucinant » proféré par le père Garlenq à la vue de ce pays

II.        Quelques éléments de contexte sur le pays :
  • Un archipel de près de 18 000 îles
  • 4 fois la France en superficie emmergée
  • 235 millions d’habitants - 4ème nation la plus habitée au monde (Chine, Inde, USA)
  • 300 ethnies représentées
  • une langue officielle le « bahasa indonesia » (6ème langue la plus parlée dans le monde)
Géographie : Située à cheval sur l’Equateur, l’Indonésie connait un climat tropical, chaud et humide. Elle constitue l’une des régions les plus sismiques au monde (100 volcans dont une soixantaine actuellement actifs). D’ailleurs, la cendre et les laves, sont riches en minéraux essentiels et rendent les sols de ce pays très fertiles. Pour preuve, les forêts indonésiennes représentent 1/10 de la surface totale des forets dans le monde. Seulement 12% du territoire est cultivé cependant le pays connait de graves problèmes de déforestation (4 000 hectares disparaissent chaque jour pour des plantations d’hévéas et de palmiers à huile principalement). D’autre part, il faut déplorer aucune gestion de la protection de l’environnement (la mer reste une véritable poubelle).

Economie : Pour vous donner une idée, le salaire moyen mensuel pour un ouvrier est de 80 € alors qu’il est de 800 € pour un cadre. Parmi les grands secteurs d’exportation : riz et café (3ème producteur mondial), thé (7ème producteur mondial), pétrole (8ème producteur mondial) et contreplaqué (1er producteur mondial).

Histoire : La première vague d’immigration en Indonésie aurait été les austronésiens de Chine qui, à partir de 4 000 av JC, ont envahi toute l’Asie du Sud Est. Il y a ensuite eu des vagues hindous, des influences musulmanes et une colonisation hollandaise. Ce pays a été très convoité car il constituait un nœud économique capital et un passage obligé dans les échanges commerciaux mondiaux. L’Indonésie s’est donc enrichie de tous ces peuples et religions (bouddhisme, hindouisme, islam). Finalement il obtient son indépendance en 1945. L’islam est religion d’Etat cependant les lois républicaines et religieuses restent distinctes et c’est un islam plutôt ouvert. 

III.        Notre conclusion sur ce pays
Paroles de Julie : Quel bonheur ! Ce mois en Indonésie est passé à une allure phénoménale et je me suis régalée mais de façon différente par rapport aux autres pays. Je n’ai pas le sentiment d’avoir vraiment découvert ce pays, car nous avons finalement survolé 3 îles quand l’archipel en compte 6 000 fois plus ! Et puis quelles diversités culturelles et religieuses ! Ce qui persiste selon moi, c’est bien entendu l’Indonésien, jovial et accueillant dont je suis tombée amoureuse du rire, la végétation luxuriante et de magnifiques volcans. Je l’ai vécu comme un voyage thématique magnifique « mers et volcans », où j’ai pris grand plaisir à retrouver la mer qui me manquait mais aussi et surtout comme un voyage en famille, où mes parents m’ont fait le bonheur de venir partager un bout de tour du monde avec nous. Merci à vous et à Nicoco !!

Paroles de Nicoco : Je voulais un peu partager de ce pays que j’avais survolé il y a plus de 2 ans. C’est donc avec plaisir mais aussi une certaine appréhension que j’ai essayé de concocter un programme avec la complicité de ma chérie lors de la venue de mes beaux parents qui, je l’espère, ont pu apprécier un peu de ces endroits uniques, au milieu de gens sympathiques mais avec qui la négociation peut parfois être à couteaux tirés. Pour moi, l’Indonésie reste toujours aussi attachant de part ses différences sur chacune de ses iles, malheureusement il faudrait une vie pour toutes les visiter (près de 18 000 tout de même) mais plusieurs choses demeurent comme la diversité et la beauté des paysages, la mer, le petit coin de paradis que l’on peut trouver au détour d’une route et le coté jovial des gens.

IV.        Notre tour du monde : point après le 5ème pays
Paroles de Julie : et bien de mon côté, je quitte l’Indonésie malade et donc fatiguée, je crois que maintenant après 5 mois sur les routes, je commence à être un peu usée, je n’ai pas toujours envie d’être à l’ouverture, à la découverte, à la négociation aussi. Parfois, l’envie de rentrer en France me taraude et j’embête un peu Nicoco avec ça, certes avec humour, car il n’est pas question de rentrer, simplement un peu de fatigue et de nostalgie. Mais je me languis parfois de retrouver un quotidien, une banalité, une place et un sens à mon action, ne pas être toujours dans l’hédonisme du voyage… Et puis, je crois que l’Inde me fait un peu peur aussi entre la misère, la saleté et la densité démographique, j’ai peur de me sentir étouffer.

Heureusement nous sommes deux et nous nous épaulons, Nicoco me chouchoute et me rend le sourire quand je flanche un peu, nous partageons de superbes moments ensemble comme cette ascension au Rinjani mais aussi le quotidien, une expérience qui fonde notre histoire, notre couple, et qui nous donne envie de rentrer et de continuer à rêver et construire ensemble. Merci mon amoureux car ces souvenirs extraordinaires ils n’appartiennent qu’à nous, nous l’avons fait ensemble, merci pour cette aventure inoubliable avec toi.

Paroles de Nicoco : Bon moi aussi un peu malade mais heureux de cet intermède familial (15 jours avec ma belle famille une première pour moi) et ces moments partagés.
Notre ascension réalisé avec mon amoureuse contre vent et pluie dans la difficulté mais ensemble jusqu’au bout à se soutenir l’un et l’autre.
Pas de nostalgie de retour pour moi mais un autre type d’envie.
Pour ma part je suis content que nous allions faire une pause en Inde de quelques jours dans une association pour aider les enfants pour plusieurs raisons, la première est de faire une action et une activité qui a du sens, la deuxième avoir un rythme de vie normal pendant une semaine, et enfin la troisième de pouvoir se poser à un endroit sans avoir à organiser ou planifier des choses pour les jours qui suivent.
Aussi étrange que cela puissent paraitre le voyage est toujours très agréable mais ne faire aucune activité ou travail procurant un certain plaisir durant de nombreux mois n’est pas quelque chose d’habituel et le fait d’uniquement profiter ne donne plus pleinement satisfaction. C’est pourquoi cet intermède dans cette association comme nous l’avions fait en Bolivie ou notre travail à la ferme en Australie va être pour moi je le pense une étape importante qui me permettra de mieux apprécier et profiter de la suite de notre voyage en Inde.
Sinon la vie de couple est toujours au beau fixe, nous pensons au retour, à l’avenir ensemble bien sur. Nos 2 prochains mois vont être les plus durs à mon sens, car d’une part nos derniers pays seront difficiles (sollicitations en inde, difficulté de la langue en chine), cela fait un bout de temps que nous sommes partis et cela compte dans la balance voir les commentaires de Julie, et enfin l’anticipation de la fin du voyage avec le retour a une vie « normale ».

                                                                                                                                                                         

lundi 4 juillet 2011

Passage à Lombok

Après avoir laissé mes parents reprendre leur avion vers la France, nous continuons, pour notre part, notre périple, cap vers l’île de Lombok. Située à l’Est de Bali, cette île compte 2,4 millions d’habitants, à 90% musulmans originaires de l’ethnie locale des « Sasaks ».

Nous restons 2 jours près de Sengigi dans un petit hôtel bien sympathique faits de bungalows traditionnels en bambous en bord de mer. Nous en profitons pour apprécier la mer, pour réserver nos prochains vols et transits mais aussi pour nous reposer car nous trainons tous les deux une grève – trachéite qui nous fatigue pas mal….

Les pécheurs casqués imperturbables...
Rencontre en bord de plage
Notre bungalow au milieu d'un jardin luxuriant
La porte au fond du jardin, s'ouvrant vers la mer...
La côte de Lombok, côté Sengigi
Une des nombreuses anses de la côte

L’objectif principal de cette escale à Lombok est l’ascension du Mont Rinjani, un vrai challenge pour Nicoco qui n’avait pu le faire lors de son premier passage en Indonésie faute d’équipement. Or maintenant voilà près de 5 mois que nous nous trimbalons, chaussures et battons de randonnée, donc pas question pour Nicoco de passer à côté de l’occasion. Alors sur le papier, cette ascension se fait en 3 jours et 2 nuits pour atteindre le sommet à 3 726m d’altitude, descendre dans le cratère initial au bord du lac, rejoindre la crête puis redescendre. Pour nous, ce fut un véritable chemin de croix, permettez-nous de revenir en détails sur les différentes stations-étapes pour partager avec vous, notre détresse, fatigue et fierté de l’avoir fait aussi !!


La courbe des dénivelés....
·    Jour 1 : départ à 5h du matin en voiture pour rejoindre le village de Senaru – on dort en voiture (ça promet pour l’ascension !) mais nous profitons tout de même d’une belle vue sur le mont Rinjani à son réveil, magnifique mais pas impressionnant, au premier abord en tout cas… Arrivés sur place, changement de programme, on nous impose la randonnée dans l’autre sens (soit depuis ce village et non depuis Sembalun Lawang), or Nicoco s’étant renseigné, il refuse ce changement alors on finirait presque par s’envoyer les pancakes à la banane à la figure (mais tout bien réfléchi, comme c’était notre petit déjeuner, nous nous sommes ravisés) !! Au terme de cette montée en pression, on trouve finalement un compromis, on enfourche 2 mobylettes et partons à la poursuite d’un groupe qui était parti peu de temps avant depuis l’autre village. L’ascension est connue pour être difficile mais si en plus, on nous met des bâtons dans les roues... ça énerve Nico (et pourtant, il en faut…), mais il aura tout le temps de se détendre lors de la montée. Après 2h d’ascension nous rejoignons notre groupe, nous sommes au total 7 randonneurs avec 1 guide et 4 porteurs qui assurent tout l’intendance (tentes, sacs de couchage, repas). Alors,  passons aux chiffres du jour, 6h de marche, 1 800 m de dénivelé exclusivement positif et rajoutez à cela un élément non négligeable, une pluie torrentielle qui nous a mouillés jusqu’au os, et c’est là qu’on se demande ce que l’on fout là, et pourquoi on inflige à son corps tout ça !! D’ailleurs, à l’heure des bilans, nous déplorerons la mort (finalement passagère, ouf), de notre nouvel appareil photo, noyé sous les eaux malgré nos précautions (du coup, vous ne verrez pas d’images pour le moment). La montée n’en finit pas, les torrents d’eau prennent le pas sur les chemins. Nous arrivons enfin à notre lieu de campement, vient l’heure de monter les tentes et d’essayer de faire sécher notre linge mais peine perdue, l’humidité nous gagne, pour le plus grand plaisir de Nicoco qui n’avait pris qu’un seul pantalon pour alléger le sac. Alors, il prend le taureau par les cornes, met un caleçon sec et s’emploie à faire un feu (en vain, mais au moins il aura fait un peu le spectacle, à trémousser ses fesses à 2 600 m d’altitude !). Ca me met un peu de baume au cœur car pour ma part, je suis déjà blottie dans un duvet humide, frigorifié et je ne vous parle pas de l’état de nos gorges… Alors service à domicile au pied de la tente, dopage intensif (et bien au-delà des herbes cueillies dans la nature par Nicoco), et prières pour que la chaleur monte dans la tente !!! On ne bougera plus jusqu’au lendemain, levé 2h36 !

·    Jour 2 : nous partons à 3h du mat pour la fameuse ascension, 3h difficile où nous n’en voyions jamais la fin, 1 100 m de dénivelé positif en 3 heures mais l’effort est rude car à chaque pas, nous reculons de la moitié du fait du terrain volcanique. D’autre part, le temps est long car on ne voit rien dans la nuit (et finalement ce n’était pas si mal que ça car au retour au petit jour, on se dit qu’on aurait été bien incapable de monter cela, tellement ça semble démoralisant !!!). On croise des gens meurtris par la fatigue et le froid, recroquevillés par terre, 25% seulement vont jusqu’au bout (on l’apprendra plus tard). Et là encore toujours cette même question « mais qu’est ce que l’on fout là !!! » Enfin, on s’accroche, on ne se lâche pas, on se relaie, se motive, se préserve aussi avec quelques rationnements et vitamines. Et finalement le miracle est là : juste avant le lever du soleil nous parvenons au sommet, 3 726 putain de mètres, avec une magnifique vue sur le cratère et le lac et surtout l’immense satisfaction de l’avoir fait, ensemble !! L’heure du retour à sonner, 2h30 de descente mais la journée ne sera point finie puisqu’on nous inflige au final 12h de marche, 1 800 m de montée et 2 000 m de descente avec au milieu un arrêt au bord du lac dans des sources d’eau chaude, prises d’assaut par les locaux et devenus une déchetterie mais les muscles le réclament trop !!! La fin de la journée est terrible, pour ma part, je suis vraiment à bout de force et appréhende la chute car le terrain est très accidenté et les dénivelés vraiment extrêmes. Mais là encore, Nicoco prend soin de moi, et nous arrivons finalement au point de campement, non sous les applaudissements mais sous la pluie !!!! Pour ma part, je me réfugie dans la tente et je n’en bougerais plus, toussant comme un chaudron, à bout de force, dans l’incapacité de faire quoique ce soit. Nicoco n’est pas flambant non plus.

Ce que c'est censé donner depuis le sommet...
Et avec notre téléphone portable....

·   Jour 3 : départ à 8h (quel luxe, messieurs dames !) pour la dernière ligne droite, on parvient difficilement à se lever, sauf Nicoco pour des urgences intestinales (ah si en plus, on nous intoxique !!!), descente pendant 6h pour 2 000 m de dénivelé, Nico souffre de ses genoux tendineux et descend difficilement et douloureusement, quant à moi, je déroule courbaturée de partout. La descente est longue mais nous sentons tellement la délivrance que nous essayons d’oublier nos douleurs. Le trek fini, nous rejoignons de magnifiques cascades (où des locaux ont failli se noyer…) et apprécions le repos. Quelle aventure ! 
La bonne tête des winners, fatigués....
Alors ne croyez pas que c’était le bagne, mais franchement on a bien souffert, ce fut la plus difficile des ascensions de notre vie, et nous sommes très fiers de l’avoir fait ensemble, même si l’après est terrible, et qu’il nous faudra quelques jours de récupération, quelques massages, du linge sec…

Par voie de conséquence, dès que nous avons pu marcher, nous avons loué une mobylette (ça faisait bien longtemps !) et avons rejoint la côte Sud de l’île, et la ville de Kuta réputée pour la beauté de ses plages. Cette petite virée nous a permis de traverser l’île et d’aller à la rencontre d’une zone plus désertique mais toujours aussi charmante avec ses villages colorés par ses marchés, ses rizières mais aussi ses oasis de cocotiers. A cette saison, les campagnes vivent au rythme de la collecte du riz qui se traduit en quelques étapes par 1/ fauchage des plants 2/ battage manuel des plants pour en extraire les grains 3/ séchage à même le sol pour que le grain de riz perde sa cuticule 4/ ensachage puis vente. Mais alors que l’on ramasse une fournée, une autre doit être semée, près de 3 collectes sont possibles sur une année.

Que vous dire de la région de Kuta…. Région côtière de pêcheurs, c’est un petit coin de paradis encore momentanément préservé des touristes. Il y a eu en effet des tentatives qui ont pour le moment échouées suite aux attentats de Bali et à la crise économique. Cependant, étant donné la beauté du site, nous pensons que les investisseurs devraient prochainement développer ce côté de Lombok qui est vraiment de toute beauté, je vous laisse apprécier en images…

Magnifique plage 1
Le mont Rinjani, visible depuis la côte Sud de Lombok
Magnifique plage 2
Magnifique plage 3
Paysage de rizières
On plante toutes en cœur et à la corde svp !
Magnifique plage 4
Pour notre part, nous avons fait quelques balades çà et là au bord des plages, nous avons essayé de nous remettre du Rinjani et de nous « requinquer », de nous faire plaisir en nageant, mangeant (même des hamburgers et des pâtes !!), tout simplement….

Merveilleux coucher de soleil, que l'Indonésie nous offre pour notre dernier jour....
Vue sur le mont Agung balinais depuis Lombok

Notre périple sur l'île de Lombok

Mais il est déjà l’heure de remballer nos affaires, fini l’Indonésie et cap vers l’Inde, mais avant cela, un petit bonus de temps nous permettra de faire escale d’abord au Cambodge à la découverte des temples d’Angkor puis en Thaïlande. L’aventure continue donc…